BITAM : 83 880 ŒUFS EMPOISONNÉS VENUS DU CAMEROUN INTERCEPTÉS, LE GABON A FRÔLÉ LE DRAME SANITAIRE

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Le chiffre donne le vertige et l’intention fait froid dans le dos. 83 880 œufs. Plus de cinq tonnes de produits avariés qui ont failli atterrir dans l’assiette des Gabonais. C’est le coup de filet historique réalisé samedi 24 octobre 2026 à Bitam par les agents de l’AGASA et de la Douane gabonaise.

Bitam n’est plus seulement une ville frontière. Coincée entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale, elle est devenue malgré elle la porte d’entrée de tous les trafics. Et ce jour-là, c’est une cargaison de la mort qui a été stoppée net avant d’inonder les marchés, les boutiques de quartier et même les rayons des supermarchés de tout le pays.

Car ce ne sont pas de simples œufs de contrebande. Selon les premiers résultats d’analyses, ces produits en provenance du Cameroun contenaient des substances chimiques interdites, hautement dangereuses pour la santé humaine. Des résidus qui n’ont rien à faire dans la chaîne alimentaire et qui, ingérés, peuvent provoquer des intoxications graves et des dégâts irréversibles sur le long terme.

Le mode opératoire révèle une intention criminelle organisée. Pour passer entre les mailles du filet, les trafiquants avaient eu recours à une fausse déclaration douanière. Une fraude qui transforme cette affaire en double crime : un crime sanitaire et un crime économique. Sanitaire, parce qu’on parle de l’aliment le plus quotidien qui soit, celui que l’on donne à l’enfant avant l’école, à la femme enceinte et au vieillard.

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Économique, parce que cette concurrence déloyale est une arme de destruction massive pour nos producteurs locaux. Comment un aviculteur gabonais qui respecte la chaîne de froid, qui paie ses taxes et qui nourrit correctement ses poules peut-il lutter contre des œufs bradés, produits sans aucune norme et vendus à perte pour casser le marché ? C’est toute une filière nationale que l’on assassine.

Si l’AGASA n’était pas intervenue, le scénario aurait été catastrophique. En 48 heures, ces 83 880 œufs auraient été écoulés à Oyem, à Libreville, dans les gargotes et dans les sandwichs vendus au bord de la route. La cargaison a finalement été détruite sous haute surveillance à la décharge municipale de Bitam, mais le danger est ailleurs.

Car la vraie question qui doit désormais hanter les autorités est simple : combien de cargaisons sont déjà passées avant celle-ci ? Si un camion a été pris, combien d’autres ont franchi la frontière avec des produits tout aussi dangereux ? Bitam ne peut plus être laissée seule face à cette pression.

Cette saisie doit être un électrochoc. Il faut saluer la vigilance des agents sur le terrain, mais il faut surtout renforcer drastiquement les contrôles à nos frontières, durcir les sanctions contre ces réseaux qui font du Gabon un dépotoir alimentaire, et protéger enfin le consommateur gabonais. On ne joue pas avec ce que mangent les Gabonais.

Source : Gabon Mail Infos 

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