BURKINA FASO : FASO-PHARMA ET KOKOLOGHO, LE PARI DE L’INDÉPENDANCE MÉDICAMENTEUSE

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Le Burkina Faso appuie sur l’accélérateur. Objectif : produire chez soi ce qu’on importait hier. Avec FASO-PHARMA et le technopôle pharmaceutique de Kokologho, Ouagadougou mise sur une arme simple mais stratégique : l’usine. Génériques, vaccins, dispositifs médicaux. Le pays veut reprendre la main sur sa santé.

 

Pénuries, ruptures de stock, prix qui flambent, délais d’approvisionnement incertains. La Covid l’a montré, les tensions mondiales le confirment : dépendre à 80-90% de l’import, c’est être vulnérable. Pour un État, ne pas maîtriser le médicament, c’est ne pas maîtriser la réponse sanitaire. Le Burkina a tiré la leçon.

 

Créée pour porter la politique nationale, FASO-PHARMA incarne la volonté politique. Son rôle : coordonner, attirer les investisseurs, garantir la qualité et pousser la production locale. Ce n’est pas juste une société. C’est un label de souveraineté. Le message aux partenaires est clair : venez produire ici, avec nous.

 

À Kokologho, l’ambition prend de la hauteur. Un technopôle pharmaceutique : usines, laboratoires, centre de R&D, logistique, formation. L’idée est de créer un écosystème, pas une usine isolée. Quand la recherche, la production et la régulation sont au même endroit, les coûts baissent et la qualité monte.

 

La souveraineté ne se décrète pas, elle se fabrique. Et des unités comme PROPHARM produisent déjà du paracétamol et d’autres médicaments essentiels. C’est modeste, mais c’est concret. Chaque boîte « Made in Burkina » qui sort, c’est une boîte de moins à importer. C’est aussi des emplois et des compétences qui restent au pays.

 

La stratégie est à 3 étages :

– Les génériques pour couvrir 70% des besoins courants à moindre coût.

– Les vaccins pour sécuriser les campagnes de santé publique et réduire les ruptures.

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– Les dispositifs médicaux pour équiper les hôpitaux sans passer par 4 intermédiaires.

C’est long, c’est technique, mais c’est structurant.

 

Produire local ne suffit pas. Il faut que ce soit bon et moins cher. D’où l’enjeu de la régulation, des normes OMS, des marchés publics orientés vers le local. Si l’hôpital préfère le médicament burkinabè parce qu’il est fiable et disponible, le marché se crée tout seul.

 

Le Burkina n’est pas seul à vouloir s’émanciper. Sénégal, Rwanda, Côte d’Ivoire, Nigeria : tout le continent cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement. Mais Ouagadougou va vite. En structurant FASO-PHARMA et Kokologho en même temps, il montre une feuille de route claire. D’où l’intérêt que suscite déjà cette stratégie.

 

Trois défis majeurs : financer les investissements lourds, former les techniciens et pharmaciens industriels, et protéger le marché local sans tomber dans le protectionnisme stérile. Sans oublier l’énergie, l’eau et la logistique. Une usine pharmaceutique, ça ne tourne pas avec des promesses.

 

La santé n’est plus seulement une question de médecins et d’hôpitaux. C’est une question d’industries.

En lançant FASO-PHARMA et Kokologho, le Burkina Faso dit qu’il veut soigner ses citoyens avec ses propres mains.

 

Le chemin sera long. Mais le jour où un enfant burkinabè prendra un sirop produit à Kokologho, ce ne sera pas qu’un médicament. Ce sera un acte d’indépendance.

 

Sources : Site officiel de FASO-PHARMA, Le Faso, Ministère des Finances du Burkina Faso

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