CAMES 2026 : le Gabon prend les commandes du Conseil des Ministres pour un an
Le Gabon vient de prendre la tête du Conseil des Ministres du CAMES. C’est l’une des décisions majeures issues de la 43e Session Ordinaire du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur, qui s’est tenue ces derniers jours.
Pour les douze prochains mois, Libreville présidera l’organe politique et stratégique du CAMES. Concrètement, le pays va piloter les grandes orientations de l’espace universitaire et scientifique francophone africain et malgache, et veiller à leur mise en œuvre par les États membres.
Le Conseil des Ministres est l’instance qui valide les réformes, les programmes et le budget du CAMES. En en assurant la présidence, le Gabon se retrouve au cœur du processus de décision.
La mission est claire : renforcer la coopération interuniversitaire, accélérer l’harmonisation des diplômes et pousser les réformes visant à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’objectif reste identique depuis la création du CAMES en 1968 : faire de l’espace francophone un pôle compétitif, reconnu à l’international.
Cette désignation intervient dans un contexte où le Gabon cherche à repositionner son enseignement supérieur et à renforcer les liens avec les universités de la sous-région. Prendre la présidence du Conseil des Ministres donne au pays une tribune pour porter ses priorités : professionnalisation des filières, mobilité étudiante, évaluation et accréditation des établissements, valorisation de la recherche appliquée.

Pour les universités gabonaises, c’est aussi une occasion de resserrer les échanges avec leurs homologues du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et des autres États membres. La mobilité des enseignants-chercheurs et des étudiants devrait être l’un des chantiers suivis de près.
Le mandat d’un an est court. Il oblige à aller vite sur les dossiers prioritaires : révision des critères d’évaluation, soutien aux jeunes docteurs, développement du numérique universitaire et réponse aux besoins du marché du travail.
Libreville hérite donc d’une responsabilité politique et technique. Si le Gabon parvient à imprimer son rythme, cette présidence peut servir de levier pour crédibiliser son système universitaire et élargir son influence dans l’espace CAMES.
La passation de témoin est actée. Reste à voir quelles impulsions concrètes Libreville donnera à l’enseignement supérieur francophone d’ici la prochaine session.
Aimé Jordan PANGO
