Terres, fleuves, mer : l’État serre les rangs pour éviter le cafouillage dans l’aménagement du territoire

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Le morcellement administratif a longtemps été l’ennemi silencieux des projets d’aménagement au Gabon. Pour y mettre un terme, la Commission Nationale d’Affectation des Terres, des Espaces Fluviaux et Maritimes, CNATEFM, a convoqué une séance de travail ce jour sous la présidence de son Secrétaire Permanent, Fabrice Augan Ntchango. 

 

Autour de la table : des représentants du Ministère de la Défense Nationale, de la Vice-Présidence du Gouvernement et du Prytanée Militaire. Un casting qui montre que la question du foncier et des espaces ne concerne plus seulement l’urbanisme, mais aussi la sécurité, l’éducation et la planification stratégique de l’État.

 

L’objectif affiché est simple : renforcer la coordination entre administrations pour que chaque décision d’affectation d’espace réponde à une logique d’ensemble. Trop souvent, un ministère attribuait une parcelle sans savoir qu’un autre projet était prévu juste à côté, ou qu’une zone était stratégique pour la défense nationale.

 

La réunion a permis d’approfondir les mécanismes de collaboration institutionnelle et de poser les principes qui doivent guider l’action publique. Le mot d’ordre : efficacité, équilibre des usages, préservation des intérêts collectifs. En clair, éviter qu’un terrain destiné à l’agriculture ne devienne un no man’s land, qu’une zone fluviale essentielle ne soit bradée, ou qu’un site militaire ne se retrouve encerclé par l’urbanisation sauvage.

 

Le Secrétaire Permanent s’est félicité de l’engagement des administrations présentes à jouer le jeu de la concertation. Le contexte l’exige. Entre pression démographique, enjeux de développement durable et résilience climatique, le Gabon n’a plus les moyens de se permettre des décisions contradictoires.

 

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Une mauvaise affectation aujourd’hui, c’est un risque d’inondation demain, un conflit d’usage l’année suivante, ou un projet d’infrastructure bloqué faute d’accès. En intégrant ces paramètres en amont, la CNATEFM veut éviter de corriger à prix d’or des erreurs qui auraient pu être anticipées.

 

Cette dynamique s’inscrit dans la ligne fixée par le Président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA : une action publique coordonnée, tournée vers les résultats et au service du développement national.

 

L’enjeu dépasse le technique. Il s’agit de montrer que l’État est capable de parler d’une seule voix sur un sujet aussi sensible que le foncier. Car qui contrôle l’usage des terres, des fleuves et de la mer, contrôle en grande partie la capacité du pays à transformer structurellement son économie.

 

La rencontre de ce jour ne règle pas tout, mais elle pose un cadre. Reste maintenant à voir si cette volonté de coordination se traduira dans les arrêtés, les plans d’aménagement et surtout sur le terrain. Car entre une décision prise en salle de réunion et une occupation effective d’un espace, il y a souvent un gouffre.

 

La CNATEFM semble déterminée à le combler.

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