CAN 2027 : MIGNÉ SORT DEUX JOKERS DE SA MANCHE, BABANZILA LE PATRON ET NYINDONG LA PÉPITE
Sébastien Migné a parlé. Et comme toujours, il n’a pas fait dans la dentelle. À l’heure d’aborder la double confrontation décisive face au Lesotho pour les éliminatoires de la CAN 2027, le sélectionneur des Panthères a dévoilé une liste qui fait déjà jaser. Deux noms ressortent du lot et résument à eux seuls sa philosophie : Meshak Babanzila et Jean-William Nyindong.
D’un côté, l’expérience qui revient au bon moment. De l’autre, la jeunesse qui frappe à la porte sans demander la permission. Migné ne fait pas de la figuration, il construit. Il marie la solidité et l’audace, la maturité tactique et l’insouciance du buteur. Un choix qui en dit long sur ses intentions face aux Likuena.
Dans l’entrejeu, le rappel de Meshak Babanzila n’a rien d’un hasard ni d’un cadeau. À 25 ans, le milieu relayeur revient avec le statut d’un joueur qui a grandi loin des projecteurs, mais qui a mûri. Titulaire indiscutable du Gimnàstic de Tarragone, il vient d’enchaîner deux saisons pleines en Catalogne, dans un football exigeant où l’erreur ne pardonne pas.
Son parcours en sélections de jeunes, des U17 en 2017 aux U23 en 2023, raconte une progression sans bruit mais constante. Aujourd’hui, c’est un joueur complet que Migné récupère : propre dans la distribution, intelligent dans le placement, tranchant dans la transition. Capable de casser une ligne d’une passe, d’orienter le jeu vers les couloirs et de garder la tête froide quand la pression monte.
Face au Lesotho, où chaque ballon perdu peut coûter cher, ce profil-là vaut de l’or. Les Panthères ont besoin d’un homme qui stabilise le milieu, qui donne le tempo et qui permet aux autres de s’exprimer. Babanzila, c’est cet homme de l’ombre qui fait briller les autres.
Devant, c’est une autre histoire qui commence. À 19 ans à peine, Jean-William Nyindong découvre les A. Une première convocation qui n’a rien d’un coup de poker, mais qui ressemble plutôt à une récompense logique. Le gamin vient de signer son premier contrat professionnel avec Clermont Foot 63, jusqu’en 2029, après avoir tout simplement écrasé le championnat U19 Nationaux : 18 buts en 22 matchs.

Un ratio qui ne ment pas. On ne marque pas 18 buts par hasard à cet âge-là. Formé comme numéro 9, 1,81 m de puissance, Nyindong possède tout ce que Migné adore : le duel dos au but, l’explosivité sur les premiers mètres, le sang-froid devant le gardien. Un point d’ancrage, un poison pour les défenses regroupées.
Car il faut imaginer le scénario : un Lesotho recroquevillé, bloc bas, qui attend et qui espère. Dans ce type de match fermé, il faut un joueur capable de faire la différence sur un duel, sur un appel, sur une frappe. Nyindong est exactement ce profil de débloqueur.
En réunissant Babanzila et Nyindong, Migné ne chamboule pas son groupe, il le muscle là où il en avait besoin. L’un apporte la sérénité au milieu, l’autre apporte le souffle neuf devant. L’un gère, l’autre frappe. C’est un équilibre qui peut changer le visage des Panthères.
Pour une équipe qui vise la qualification à la CAN 2027, chaque point comptera double. Ce double rendez-vous contre le Lesotho ne sera pas une formalité, ce sera un test de caractère. Et le sélectionneur l’a bien compris : il ne veut pas seulement gagner, il veut gagner avec une équipe qui a du caractère et de l’avenir.
Reste maintenant la question que tout le Gabon se pose : le pari de Migné va-t-il payer ? Babanzila saura-t-il imposer son rythme ? Nyindong osera-t-il, à 19 ans, porter le maillot des Panthères comme s’il l’avait toujours porté ? La réponse, on la connaîtra sur la pelouse.
Aimé Jordan PANGO
