ÉDUCATION : BAC EN POCHE, ET APRÈS ? LA CGGEUP VEUT ÉVITER L’ERREUR D’ORIENTATION À 5000 BACHELIERS
Libreville – Vendredi 7 août 2026, le Stade Dialogue n’était pas plein, mais le Salon National du Bachelier l’était. Pour la 2ᵉ édition du SNB, la Conférence Gabonaise des Grandes Écoles et Universités Privées (CGGEUP) a réuni pendant deux jours écoles, entreprises et nouveaux bacheliers. Objectif : transformer l’angoisse du « que faire après le bac ? » en projet professionnel concret.

Diplôme en main, des milliers de jeunes gabonais se retrouvent face au même mur : Quelle filière ? Quel établissement ? Quel métier demain ?
C’est pour désamorcer ce stress que la CGGEUP a lancé le SNB. Plus qu’un simple stand d’information, le salon se veut un carrefour d’échanges directs entre bacheliers, universités privées, entreprises et institutions.
« Le Salon du Bachelier est bien plus qu’un simple rendez-vous d’orientation. C’est un espace d’échanges et de découvertes*, où établissements d’enseignement supérieur, entreprises et futurs étudiants se rencontrent afin de construire des parcours en adéquation avec les aspirations de chacun et les besoins de notre pays », a martelé Renamy Marie Princesse, coordinatrice de l’événement.

Son message aux jeunes était clair : « Soyez curieux, soyez ambitieux et osez croire en vos rêves. Échangez, interrogez, découvrez de nouvelles opportunités ». Pour elle, les choix faits cette semaine posent les premières pierres de la vie professionnelle.
En ouvrant les travaux, le président de la CGGEUP, Jean-Louis Nkolou Nkolou, a donné le ton politique. La formation des jeunes est, selon lui, une question de souveraineté nationale.
Il a salué l’engagement du président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA pour favoriser la formation des bacheliers au pays. Une position qui, dit-il, renforce la responsabilité du privé : « former les compétences dont le pays aura besoin demain ».
Le diagnostic est lucide : on ne peut plus orienter uniquement vers les filières « prestigieuses » par effet de mode. Le marché bouge trop vite.

IA, santé, logistique : les filières de 2026
Pour la CGGEUP, l’orientation 2026 doit coller à trois révolutions : le numérique, l’IA et les transitions énergétique et écologique.
Exit les choix par défaut. Place à une « réflexion sérieuse, une bonne information et une véritable connaissance de soi », a insisté le président.
Le salon met donc en avant 8 secteurs jugés stratégiques pour l’économie gabonaise :
Intelligence artificielle, santé, ingénierie, informatique, droit, logistique, finance et sciences sociales.
Mais l’ambition va au-delà du diplôme. La CGGEUP veut des profils qui entreprennent. « Former ne consiste plus seulement à délivrer des diplômes, il s’agit de préparer des femmes et des hommes capables d’innover, d’entreprendre et de contribuer durablement au développement de notre cher pays ».
D’où la promotion des stages, de l’alternance et des incubateurs au sein des écoles privées.
Autre point fort du discours : la responsabilité est partagée. L’État, les entreprises, les collectivités et les familles doivent, selon Nkolou Nkolou, « travailler en synergie ».
Aux parents, un rappel : « Le véritable succès ne réside pas dans le choix d’une filière prestigieuse, mais dans le choix d’un parcours en harmonie avec les aptitudes et les ambitions de chaque enfant ».
Et aux bacheliers, une phrase qui clôt le débat : « Le baccalauréat n’est pas une finalité. Le Gabon croit en vous. Osez entreprendre. Osez innover. Osez rêver grand. Mais surtout, travaillez avec rigueur, discipline et persévérance ».
L’enjeu
Après 2 jours d’échanges, l’objectif du SNB 2026 est simple : que chaque bachelier reparte avec moins de doutes et plus de pistes concrètes.
Entre souveraineté éducative et adéquation avec l’emploi, la CGGEUP tente de poser les bases d’une orientation moins subie, plus stratégique. Parce que dans un Gabon qui veut former ses propres cadres, une mauvaise orientation coûte cher. À l’élève, et au pays.
Par Roselyne Geneviève Bekale Ondo
