« FINI L’ASSISTANAT » : RODRIGUE MAÏSSA NKOMA APPELLE LA JEUNESSE GABONAISE À PRENDRE SON DESTIN EN MAIN
LIBREVILLE – Face aux défis économiques et sociaux du pays, la jeunesse gabonaise doit sortir de sa posture d’attente. C’est le message fort lancé par Rodrigue MAÏSSA NKOMA, président de l’Organisation Non Gouvernementale « Tous pour la 5ème République », au cours d’une interview accordée ce week-end.
Pour le président d’ONG, l’heure n’est plus aux discours mais à l’action. Il interpelle directement les jeunes sur un point : la prise de conscience de leur responsabilité dans la construction du Gabon de demain.
Rodrigue MAÏSSA NKOMA ne mâche pas ses mots. Il appelle à une rupture nette avec la passivité.
« Nous devons être des acteurs du développement de notre pays et non des spectateurs », a-t-il martelé.
Pour lui, regarder le pays se construire depuis la touche n’est plus une option. La 5ème République, dit-il, doit être portée par une génération qui décide de prendre place dans l’arène.
Le président de « Tous pour la 5ème République » revient sur une idée reçue tenace : celle de l’État-providence, seul pourvoyeur d’emplois et de solutions.
« L’État n’est pas le seul employeur et l’État ne peut pas tout faire », souligne-t-il.
Dans un contexte de ressources limitées et de besoins croissants, il estime qu’il est illusoire d’attendre que l’administration publique absorbe tous les diplômés. La solution, selon lui, passe par l’initiative privée et l’auto-emploi.
Le discours de Rodrigue MAÏSSA est pragmatique. Il démonte l’argument du manque de moyens.
« On peut commencer une affaire avec 50 mille voire 20 mille. Nous n’avons pas d’excuse ».
Coiffure à domicile, vente en ligne, agriculture urbaine, services de livraison : les exemples ne manquent pas. Pour lui, le capital de départ n’est pas le frein principal. Le vrai frein, c’est la peur d’échouer et le manque de vision.
Pour bousculer les mentalités, le président d’ONG utilise la comparaison.
« Si un expatrié arrive à le faire, pourquoi pas nous ? »
Il fait référence à ces étrangers qui arrivent au Gabon avec peu, réussissent à monter des entreprises. S’ils parviennent à s’en sortir dans des environnements souvent plus concurrentiels, alors les jeunes gabonais diplômés n’ont aucune raison de ne pas tenter le coup.

Rodrigue MAÏSSA va plus loin dans la démonstration. Il cite les personnes en situation de handicap qui, malgré les obstacles physiques, se battent au quotidien pour gagner leur vie.
« Si quelqu’un qui est réduit physiquement peut se battre pour vivre, que peut-on dire alors de celui qui a toutes ses capacités ?»
C’est une interpellation directe : la jeunesse gabonaise dispose de tous les atouts – santé, énergie, diplômes, accès au numérique. Il n’y a donc aucune justification à l’inaction.
Le maître-mot du président de l’ONG est clair : « Fini l’assistanat ».
Depuis des années, l’attente d’aides, de subventions et de recrutements directs a créé, selon lui, une dépendance qui tue l’esprit d’initiative. Il faut, dit-il, passer d’une logique de consommation à une logique de production.
« Nous devons nous prendre en main », insiste-t-il.
Au-delà des questions d’argent, Rodrigue MAÏSSA NKOMA parle de révolution culturelle. Le développement du Gabon passe d’abord par un changement dans les têtes.
Il faut valoriser le travail, accepter de commencer petit, cultiver la persévérance et arrêter de mépriser certains métiers. Pour lui, un jeune qui lance un petit commerce avec 20.000 FCFA rend plus service au pays qu’un diplômé qui attend 5 ans un poste dans la fonction publique.
À travers « Tous pour la 5ème République », Rodrigue MAÏSSA dit vouloir jouer son rôle de lanceur d’alerte et d’accompagnateur. L’ONG se positionne comme un pont entre les institutions et les jeunes, pour les sensibiliser, les former et les orienter vers des opportunités concrètes.
L’objectif est de transformer l’énergie de la jeunesse en projets structurants pour les quartiers et les provinces.
Le nom même de son organisation dit l’ambition. Pour Rodrigue MAÏSSA, la 5ème République ne se décrète pas. Elle se construit avec la jeunesse.
Elle doit être celle des entrepreneurs, des innovateurs, des agriculteurs et des artisans. Une République où chacun comprend qu’il a une part de responsabilité dans l’édifice national.
Le message est sans détour. Il s’agit d’un appel à la responsabilité individuelle.
Pour MAÏSSA NKOMA, le Gabon n’a pas besoin de plus d’assistés. Il a besoin de plus de bâtisseurs. Et ces bâtisseurs, ce sont les jeunes d’aujourd’hui.
Aimé Jordan PANGO
