PDG : LE GRAND DÉBALLAGE A COMMENCÉ AU SIÈGE DU BORD DE MER
Le Parti Démocratique Gabonais se regarde dans le miroir. Et il ne se fait pas de cadeaux. Ce vendredi 9 octobre 2026, au siège historique du bord de mer à Libreville, le PDG a ouvert son séminaire-atelier le plus décisif depuis des années : celui de la réappropriation des recommandations de la Commission ad hoc. Une journée placée sous le signe de la lucidité.
La cérémonie d’ouverture a donné le ton. Face aux cadres, militants et séminaristes, la Secrétaire Générale, la Camarade Angélique Ngoma, puis le Président du Parti, le Camarade Blaise Louembé, ont planté le décor sans fard. Il ne s’agit plus de faire semblant. L’heure est à l’autocritique, à la réflexion de fond et à la refondation.

Le symbole est fort : l’installation officielle des commissions de travail, sous la conduite du Camarade Léonard Andjembé, figure respectée du parti. Ces commissions ne sont pas des coquilles vides. Elles ont une mission claire : disséquer la synthèse des travaux de la Commission ad hoc et les conclusions très attendues du Comité des Sages, ce groupe qui a eu carte blanche pour dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas.
Dans son discours, Blaise Louembé a frappé juste. Il a appelé les séminaristes à travailler avec trois mots d’ordre : rigueur, audace et loyauté. Rigueur pour ne pas fuir les vrais problèmes. Audace pour proposer des ruptures. Loyauté pour rester fidèle à l’idéal du parti tout en acceptant de le réinventer. Le constat du Président est lucide : le PDG doit se renouveler ou disparaître du cœur des Gabonais.

Car les défis qui attendent le parti créé par Omar Bongo Ondimba sont immenses. Il faut d’abord renouveler son action. Finies les méthodes d’hier, le discours doit parler aux jeunes, aux femmes, à ce Gabon qui a changé. Il faut ensuite restaurer la confiance. Une confiance abîmée par des années de pouvoir sans partage, par des pratiques que les militants eux-mêmes dénonçaient. Enfin, il faut réaffirmer son rôle historique, non plus comme parti-Etat, mais comme parti au service du Gabon.

Ce séminaire n’est donc pas une simple réunion interne. C’est une opération de survie politique. Sous la 5e République, le paysage a été totalement rebattu. Le PDG, longtemps parti au pouvoir, est aujourd’hui dans l’opposition. Il doit apprendre à faire de la politique autrement. Transformer les recommandations souvent rangées dans des tiroirs en propositions concrètes, crédibles et audibles par la population.
La première journée a été celle de la réflexion, parfois douloureuse, mais nécessaire. Elle a permis de mettre tous les sujets sur la table : gouvernance interne, démocratie au sein du parti, ligne idéologique, rapport à la nouvelle donne institutionnelle.
Dès ce samedi 10 octobre, les travaux se poursuivront en commissions. C’est là que tout va se jouer. Chaque commission devra accoucher d’orientations pertinentes, de propositions chocs pour la relance. Les militants attendent des actes, pas des slogans.
Le PDG l’a compris : on ne revient pas dans l’air du temps avec de vieux airs. Le parti qui scande encore « PDG dans l’R du Temps » doit prouver qu’il a bien compris quel temps il fait. Le temps de la 5e République.
