Gabon : le PPG convoque les 33 partis non régularisés pour organiser la riposte face à la loi 016/2025

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Libreville – Le débat autour de la loi 016/2025 relative aux partis politiques franchit une nouvelle étape. Le Parti du Peuple Gabonais a lancé, ce jeudi, un appel aux 33 formations politiques qui n’ont pas déposé leur dossier de régularisation auprès du ministère de l’Intérieur. L’objectif : se réunir le mercredi 8 juillet 2026 à 16 heures, au siège du PPG à Libreville, pour envisager une réponse commune.

L’initiative émane de Jean Romain FANGUINOVENY, président du PPG, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 et soutien déclaré de Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA lors du scrutin du 12 avril 2025. Dans un communiqué, il invite les dirigeants des 33 partis concernés à une séance de travail au siège de sa formation, situé après la Bibliothèque universitaire de Libreville. À l’ordre du jour figure la création d’un Collectif des Partis Politiques Historiques pour le Respect de la Constitution et du Pluralisme Démocratique au Gabon, CPHRCPDG.

Pour le PPG, la mise en œuvre de la loi 016/2025 produit des effets majeurs sur l’échiquier politique national. Selon le bilan publié par le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, 33 des 102 partis légalement reconnus n’ont pas engagé la procédure de régularisation prévue par le nouveau dispositif. Le PPG estime que l’application de nouveaux critères à des partis déjà constitués remet en cause le principe de non-rétroactivité des lois. Il qualifie la situation d’« épuration politique par l’arbitraire juridique » et entend examiner plusieurs voies de recours institutionnels.

D’après le communiqué, la future plateforme pourrait saisir successivement le ministère de l’Intérieur, la Cour administrative, la Cour constitutionnelle et, le cas échéant, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. L’enjeu avancé par le PPG est la préservation du pluralisme politique et de la liberté d’association, garantis par la Constitution. Le parti affirme que sa démarche ne relève pas de l’insubordination mais d’une « résistance républicaine » destinée à défendre l’État de droit.

Le point central du différend porte sur l’application dans le temps de la loi 016/2025. Le PPG soutient que des formations politiques légalement constituées sous l’empire d’une législation antérieure ne sauraient être dissoutes ou suspendues par l’effet de nouvelles conditions. Pour ses responsables, imposer une régularisation rétroactive fragilise la sécurité juridique et crée un précédent susceptible de restreindre durablement l’offre politique. Ils craignent que les critères fixés par la loi conduisent à la disparition d’une part significative des partis existants.

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Au-delà de la question technique, c’est la conception du pluralisme qui est posée. Le PPG alerte sur les conséquences d’une réduction du nombre de partis sur la représentativité et le choix des électeurs. Il considère que la diversité des courants politiques constitue une garantie démocratique et que sa préservation relève de l’intérêt général. À l’inverse, les autorités rappellent que la loi 016/2025 vise à assainir et à structurer le paysage politique, en posant des exigences de représentativité et de fonctionnement.

Jean Romain FANGUINOVENY appelle les 33 partis non régularisés à privilégier l’unité d’action. « Seul on démarre, ensemble on va plus loin », résume le communiqué. L’idée est de mutualiser les analyses juridiques, de coordonner les démarches et d’éviter des initiatives isolées. La réunion du 8 juillet doit permettre de mesurer l’adhésion des formations concernées et de définir une feuille de route commune.

La création éventuelle du CPHRCPDG ouvrirait une nouvelle phase dans le dialogue entre les partis politiques et les institutions. Si le collectif voit le jour, il pourrait déposer des recours dans les semaines à venir et porter le débat devant les juridictions compétentes. L’issue de ce processus sera observée par les acteurs politiques, les organisations de la société civile et les partenaires du Gabon, attentifs à l’évolution du cadre démocratique.

 

La rencontre convoquée par le président du PPG constitue donc un moment clé. Elle permettra de vérifier la capacité des 33 partis non régularisés à s’organiser collectivement et à faire valoir leurs arguments par les voies légales.

 

Roselyne Geneviève Bekale Ondo

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