Gabon : le tourisme sort du mode brouillon avec deux armes de séduction massive
Le Gabon vient de passer à l’offensive sur le terrain du tourisme. Ce jour, au Radisson Blu Okoume Palace Hotel, le Ministère du Tourisme Durable et de l’Artisanat a levé le voile sur deux outils qui manquaient cruellement : le Guide de l’Investissement Touristique et le Guide de Voyage Officiel du Gabon. Fini l’improvisation et les brochures bricolées. Place à des documents qui cadrent, convainquent et vendent la destination.
La cérémonie avait de l’allure. Présidée par la ministre Pr Marcelle IBINGA épouse ITSITSA, elle a rassemblé du beau monde : ministre d’État Brigitte ONKANOWA en représentante du Vice-Président du Gouvernement, plusieurs membres du Gouvernement, le corps diplomatique, et les opérateurs du secteur. Quand la défense nationale se déplace pour une affaire de tourisme, ça veut dire que le sujet est pris au sérieux à l’étage du dessus.
Le premier guide s’attaque à l’argent. Le Guide de l’Investissement Touristique est pensé comme un mode d’emploi pour les porteurs de projets, nationaux et étrangers. Terrains disponibles, procédures, incitations, segments porteurs, contacts clés : tout est compilé pour réduire le temps perdu entre l’idée et le premier coup de pioche. L’objectif est simple : transformer l’intérêt en chantier, et le chantier en emplois.
Le deuxième guide s’attaque à l’image. Le Guide de Voyage Officiel du Gabon se veut la vitrine crédible de ce que le pays a à offrir. Parcs nationaux, forêts, plages, traditions, artisanat, gastronomie locale. Pas de folklore générique, pas de photos de stock floues. L’idée est de montrer un Gabon brut, authentique, mais accessible, avec les infos pratiques qui évitent au voyageur de se perdre entre deux recommandations contradictoires sur internet.
Cette double sortie n’est pas un coup de com isolé. Elle s’inscrit dans la stratégie “Destination Gabon” portée au plus haut niveau par le président Brice Clotaire OLIGUI NGUÉMA. La logique est claire : on ne peut pas attirer des visiteurs et des investisseurs avec des promesses floues. Il faut des produits, des procédures lisibles, et des histoires à raconter qui tiennent la route.

Pour l’AGATOUR, l’opérateur national du tourisme, ces supports arrivent à point nommé. Ils donnent un référentiel commun pour accompagner les partenaires, répondre aux demandes, et structurer les offres. Plus besoin de bricoler un argumentaire à chaque salon international. Désormais, il y a un socle, validé par l’État, qui aligne le discours public et privé.
Le pari est aussi économique. Le tourisme durable, bien piloté, crée des emplois locaux, valorise les savoir-faire artisanaux, et fait circuler l’argent en province. Mais pour que ça marche, il faut des investisseurs qui comprennent le jeu, et des voyageurs qui trouvent ce qu’on leur vend. Les deux guides s’attaquent exactement à ce double déficit : opacité pour les investisseurs, invisibilité pour les voyageurs.
L’enjeu maintenant est l’exécution. Un guide ne suffit pas à remplir les lodges. Il faut que les procédures annoncées soient vraiment plus rapides, que les projets prioritaires soient suivis, et que le Guide de Voyage soit diffusé massivement : salons, ambassades, compagnies aériennes, plateformes en ligne. Un document bien fait qui dort dans un tiroir ne génère aucun billet d’avion.
Côté contenu, le Gabon a de quoi surprendre. Forêt du bassin du Congo, parcs à la biodiversité exceptionnelle, plages presque vierges, cultures vivantes. Ce qui manquait, c’était la mise en récit et la mise en marché. Avec ces outils, le pays arrête de compter sur le bouche-à-oreille et passe à une communication professionnelle, mesurable, corrigeable.
Le message envoyé est net : le Gabon ne veut plus être un secret bien gardé. Il veut être une destination lisible, investissable, désirable. Les deux guides sont les premiers jalons. Si l’administration suit, si les opérateurs jouent collectif, et si la qualité de l’accueil suit, le tourisme peut passer du statut de promesse à celui de moteur réel. Le décor est planté. Aux acteurs du secteur de jouer maintenant.
Aimé Jordan PANGO
