Le numérique, au service d’une Afrique qui décide

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Cela fait six ans que je suis le Camp de Programme du Leadership Africain de l’intérieur, six années consécutives comme conseiller et comme formateur. Quand j’ai rejoint l’aventure, le CPLA n’était encore qu’une belle intuition portée par quelques convaincus. Aujourd’hui, à l’ouverture de sa septième édition, qui rassemble des jeunes de trente pays du 31 octobre au 8 novembre, je peux dire ce que j’ai vu : une idée devenir une institution, une intuition devenir une méthode, un rassemblement devenir un mouvement. Tout cela s’est construit autour d’une seule exigence, former des leaders capables d’agir.

 

Cette longue présence m’a surtout appris une chose. Les talents ne manquent pas en Afrique. Ce qui manque trop souvent, ce sont des espaces où ils peuvent s’exercer, se confronter, se tromper et recommencer, entourés de pairs qui leur ressemblent. Chaque année, je vois des jeunes arriver timides et repartir avec un réseau, une méthode et une ambition. Cette transformation-là ne s’improvise pas.

 

Un thème qui ne souffre aucun retard

Cette édition est placée sous le thème « Jeunes leaders africains et leadership numérique : leviers pour accélérer le développement de l’Afrique ». Le numérique n’est plus un secteur parmi d’autres. Il traverse l’éducation, l’économie, la gouvernance, la santé, la sécurité et la culture. Celui qui le maîtrise gagne du temps, de la visibilité et de l’influence. Celui qui le subit prend du retard, et l’Afrique n’a plus de temps à perdre.

 

Les défis de la jeunesse africaine

Le premier défi est de ne pas confondre l’outil et le projet. Un smartphone ne fait pas un leader, et un compte très suivi ne fait pas un impact. Le vrai leader numérique est celui qui emploie ces outils pour servir une cause, créer de la valeur, mobiliser les autres et résoudre des problèmes réels.

 

Le deuxième défi est celui de la souveraineté. Qui décidera de l’avenir numérique de l’Afrique, sinon les Africains ? Nos données, nos infrastructures et nos talents doivent servir nos priorités, pas celles des autres.

 

Le troisième est l’accès : aux compétences, aux financements, aux partenariats. Sans eux, l’enthousiasme s’épuise vite.

 

Ce que je retiens, et ce que je transmets

Trois exigences reviennent sans cesse dans mes années de formation.

 

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La première est la compétence. Les outils changent vite, la rigueur demeure. Il faut apprendre sans relâche.

 

La deuxième est l’éthique. Une parole publique est un pouvoir, surtout quand elle touche des milliers de personnes. Il faut savoir ce que l’on dit, ce que l’on partage, et la responsabilité que cela engage.

 

La troisième est l’action. Chaque idée doit devenir un projet, chaque projet un résultat. Le continent n’a pas besoin de spectateurs inspirés. Il a besoin de bâtisseurs.

 

J’ajoute une conviction née de l’expérience : un réseau se construit quand on est présent, pas seulement quand on est connecté. Pendant ces neuf jours, les participants échangeront avec des jeunes de trente pays. Cette chance est rare. Qu’ils posent des questions, qu’ils osent des collaborations, qu’ils tissent des liens qui survivront à l’édition.

 

Un message aux décideurs

Je m’adresse aussi aux responsables institutionnels. La jeunesse africaine n’attend pas seulement des discours. Elle attend des espaces, des moyens, des partenariats et de la confiance. Le CPLA est l’un de ces espaces. Il mérite d’être écouté, accompagné et soutenu.

 

Deux mains, un seul cap

L’Afrique n’a pas à choisir entre ses valeurs et son avenir numérique. Elle peut avancer avec ses deux mains : l’une tenue dans celle de ses traditions, l’autre tendue vers l’innovation. Le jour où cette génération prendra la place qui lui revient, on dira que ce sont ces jeunes-là, nés dans la fierté et formés à l’exigence, qui ont rendu au continent la maîtrise de son destin.

 

Un dernier mot, enfin, pour ceux qu’on voit peu : les membres du Bureau Exécutif, les représentants pays et tous les jeunes qui travaillent dans l’ombre pour que ce rendez-vous existe. Ce camp est votre œuvre, et il tient par votre persévérance.

 

Vive la jeunesse africaine, vive le leadership africain, vive le CPLA, vive l’Afrique !

 

Par Francis Edgard SIMA, MBA, Conseiller du Bureau Exécutif International du CPLA

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