Mafia autour de la répartition d’aide à la presse: certains médias écartés injustement
La subvention due aux médias privés, telle qu’elle est distribuée au Gabon, a souvent soulevé polémiques et frustrations. Et cette année encore ce fut un mauvais film où se donne à voir la face cupide de notre secteur dont le rôle principal est souvent tenu par les personnes chargées de la redistribution équitable et transparente de l’enveloppe.
On y parle de détournement de l’aide à la presse par la tutelle
Alors que l’on croyait que cette année serait une année de grands sourires pour les patrons des médias, avec une subvention passée à 500 millions de francs cfa, les grincements de dents se font de nouveau entendre. Certains observateurs estiment que le gouvernement de la transition a fait pire que le régime précédent. Non seulement il a procédé à une redistribution « très » tardive de la manne, mais aussi la moyenne par organe est dérisoire, 3 millions et des poussières, dit-on. Ainsi, les éditeurs et patrons de presse sérieux gardent une moue dédaigneuse, en pensant aux lourdes charges sociales et économiques quotidiennes. Pis encore, du côté des recalés, l’apogée du non sens vient encore d’être atteint.
En effet, surpris de n’avoir pas été sélectionné cette année alors qu’il remplit tous les critères, un patron de presse nous sert un récit aussi ahurissant qu’effarant. » Pour mon cas, j’ai tous les papiers. Je dis bien tout. La raison que va me donner la directrice de la communication, madame Souna, pour justifier le rejet de mon dossier est que mon agrément technique n’a pas 2 ans. Alors que l’agrément technique a une validité de 2 ans renouvelable. Comment ce document peut-il être un critère qui justifierait que l’entreprise existe depuis 2 ans déjà. Normalement, le document approprié pour attester cela est la fiche circuit qui est l’acte de naissance de l’entreprise. D’autres diront que c’est l’autorisation du procureur qui doit comptabiliser au même titre que la fiche circuit 2 ans d’existence. Les explications vont dans tous les sens. Personne n’est capable de donner une vraie raison. Ce qui montre qu’il y’a derrière une forme de volonté d’écarter expressément des médias qui sont bien en règles et éligibles. Nous avons également appris par les agents du trésor qu’une première liste des ayants droits avait été retirée pour ajouter des médias sans documents par des mains noirs de notre ministère de tutelle « , a t-il déclaré.

Ce saupoudrage aussi irrationnel qu’inéquitable n’aura aucun positif sur la situation catastrophique que vit l’écrasante majorité des organes de presse, véritables nids de misère sociale et économique.
Les patrons de presse interpellent le gouvernement à un impérieux devoir d’organisation de cette aide à la presse en y mettant de l’ordre. En vérité, notre dispositif légal de soutien à la presse est bondé de contradictions, et va à l’encontre de tout esprit de subvention à la presse privée pratiquée même dans les grandes démocraties.
Combien de groupes et d’organes de presse ont perçu ? Combien chacun a reçu ? Mystère et boule de gomme. Pourquoi ne pas donner les chiffres globaux par catégories de médias? Tout ce désordre s’explique par le non-respect des critères d’attribution.
La publication de la liste des bénéficiaires et des montants reçus doit être un exercice de transparence établi. Tant que ce ne sera pas fait, la polémique sur la répartition de l’aide à la presse ne s’estompera jamais.
