MAKOKOU EN FEU : LA D3 NATIONALE LANCE LA COURSE À LA D2 ET RÉVEILLE L’OGOÓUÉ-IVINDO
La capitale provinciale de l’Ogooué-Ivindo vit à l’heure du football national. Depuis le coup d’envoi donné au stade Alexandre-Sambat, Makokou accueille la phase finale du championnat national de 3e division, édition 2026. L’enjeu est massif : l’accession à la D2 professionnelle. Une première pour la ville, qui devient pour quelques jours l’épicentre du ballon rond gabonais.
C’est la gouverneure Christiane LECKAT qui a donné le coup d’envoi officiel, entourée des organisateurs, des représentants des délégations provinciales et d’un public venu nombreux. Ambiance de derby, drapeaux, chants : la province s’est mise à l’heure du championnat. Au-delà du symbole, c’est tout un territoire qui s’invite dans le calendrier fédéral.
La compétition s’inscrit dans la ligne défendue par le président de la Fégafoot, Pierre-Alain MOUNGUENGUI : décentraliser, multiplier les compétitions, révéler les talents partout.
Pour le patron du football gabonais, la régularité des matchs est le seul vrai laboratoire : elle forge l’expérience, structure les clubs et élève le niveau général. Makokou 2026 est la preuve que cette politique sort des discours.
L’affiche d’ouverture opposait Setrag FC de l’Ogooué-Ivindo à la Jeunesse Sportive de l’Ogooué-Lolo. Match fermé jusqu’à la 42e minute, bascule sur un coup du sort : Ngoma Moussavou, défenseur de Setrag, marque contre son camp.
Au retour des vestiaires, la JSOL prend le contrôle. Ndomba Hearly alourdit la marque à la 64e : 2-0. Les locaux poussent en fin de match, mais l’Ogooué-Lolo gère et prend les 3 premiers points.
À 13h, Schweitzer FC du Moyen-Ogooué et le Centre Olympique du Littoral de l’Ogooué-Maritime se sont neutralisés une mi-temps durant. Possession, duels, mais 0-0 à la pause.
Le COL revient avec plus d’ambition. Un seul but suffit : 1-0. Victoire étriquée mais précieuse dans une poule où chaque point comptera pour la montée.
Moanda FC du Haut-Ogooué et Munadji 76 de la Nyanga ont livré le duel le plus fermé. Réduit à dix après une expulsion, Moanda a subi mais a tenu. En face, Munadji n’a pas su exploiter sa supériorité numérique et a manqué de réalisme.
Score final : 0-0. Un point pris dans la douleur pour les Mineurs, deux points perdus pour les Nyangais.

La D3 n’est plus une antichambre. C’est une rampe de lancement. C’est ici que les clubs semi-pro apprennent à voyager, à gérer la pression, à enchaîner.
Pour les jeunes, c’est la vitrine. Un bon tournoi à Makokou peut valoir un contrat, une sélection, un regard de recruteur. La Fégafoot mise là-dessus pour élargir le vivier national.
Accueillir la phase finale, c’est aussi tester les infrastructures, la logistique, l’engouement populaire. Les tribunes pleines d’Alexandre-Samba montrent qu’il y a un public et une faim de football en province.
Si l’organisation tient, l’Ogooué-Ivindo gagne en crédibilité pour postuler à d’autres compétitions nationales.
Après cette première journée, tout reste ouvert. Une victoire et un nul peuvent suffire à passer. L’erreur n’a plus droit de cité. Les coachs le savent : il faut marquer, défendre, et surtout tenir physiquement dans l’enchaînement des matchs.
La montée en D2 ne se jouera pas sur un match, mais sur la régularité.
En posant la finale de D3 à Makokou, la Fégafoot envoie un message clair : le football gabonais ne se joue plus seulement à Libreville et Port-Gentil.
Plus de compétitions, plus de provinces, plus de jeunes exposés. C’est le chemin pour rendre le championnat plus compétitif et le Gabon plus visible à l’international.
Le ballon tourne à Makokou. Avec lui, tourne l’ambition d’un football national enfin structuré.
Aimé Jordan PANGO
