Course à la présidence des Fédérations : le parrainage s’impose comme norme universelle
Impossible d’y échapper : le parrainage des candidatures s’impose progressivement comme la norme dans la course à la présidence des fédérations de football. La Fifa, la Caf, et à leur suite de nombreuses fédérations nationales, ont fait le choix de ce mécanisme pour encadrer les candidatures aux instances dirigeantes. Le Bénin, le Cameroun, le Mali ou encore la Côte d’Ivoire s’y sont déjà pliés, avec, à chaque fois ou presque, le même dénouement : une candidature unique.
L’exemple béninois est révélateur. Ils étaient trois au départ à briguer la présidence de la fédération. Au terme du processus, seule la candidature de Marcellin BOCOVÉ a réuni les parrainages nécessaires pour être validée. Rien d’accidentel là-dedans : l’idée est de gagner du temps, d’assainir la compétition électorale et d’éviter que les voix ne se dispersent inutilement.

Au Gabon, certains y voient un verrouillage savamment orchestré pour maintenir le président sortant en place. C’est mal connaître le sujet. Le parrainage n’a rien d’une invention locale : c’est devenu, à l’échelle du football mondial, une pratique quasi systématique. Son intérêt ? Éviter les scénarios embarrassants où un candidat se retrouve avec zéro voix, voire une seule, comme le Gabon en a connu par le passé.
En exigeant un nombre minimum de soutiens émanant d’associations, de ligues ou de fédérations membres, les instances cherchent avant tout à s’assurer que seuls des candidats réellement crédibles se présentent. C’est aussi une façon de responsabiliser les parties prenantes et de rendre le jeu électoral plus lisible.
Au final, il faut le dire clairement : le parrainage des candidatures à l’élection de la Fédération Gabonaise de Football n’a rien d’une invention gabonaise, encore moins d’un artifice conçu sur mesure pour verrouiller le jeu politique local. C’est une règle qui trouve sa source à la Fifa elle-même, la plus haute instance du football mondial, et que la quasi-totalité des fédérations à travers le monde ont fini par adopter. Dans ces conditions, continuer à présenter le parrainage comme une spécificité gabonaise relève soit de la méconnaissance, soit de la mauvaise foi. Le débat, sur ce point précis, devrait être définitivement clos : le Gabon ne fait qu’appliquer, comme tant d’autres, une norme internationale désormais bien ancrée dans la gouvernance du football mondial.
