Route de Ndjolé : encore un camion, encore une frayeur… jusqu’à quand ?

0

Dimanche, à l’aube, sur l’axe vers Ndjolé, la scène s’est répétée. Une canter appartenant à un opérateur économique du coin a fini hors trajectoire. Bilan : tôle froissée, mais le conducteur s’en sort vivant. On respire. Mais on ne peut pas se contenter de respirer à chaque accident.

 

Ce n’est pas un fait divers isolé. C’est un épisode de plus dans une série qui dure. La route de Ndjolé est devenue un calendrier d’impacts, de sorties de route, de vies qui basculent. Quand un chauffeur s’en sort, on crie au miracle. Mais un pays ne doit pas gérer sa sécurité routière à coups de miracles. Il doit l’organiser avec des choix clairs.

 

Ndjolé, c’est plus qu’une destination. C’est une artère économique. Les camions y transportent marchandises, produits agricoles, matériaux. Les bus y font passer des familles, des étudiants, des commerçants. Chaque freinage raté, chaque virage mal négocié, c’est l’économie locale qui tremble et des ménages qui pleurent. Sécuriser cette route, c’est protéger les échanges autant que les vies.

 

Les causes ? On les connaît, on les contourne 

Fatigue des conducteurs, surcharge des véhicules, entretien des engins, chaussée dégradée, manque de signalisation, vitesse. La liste n’a rien de nouveau. Le problème, c’est qu’on en parle après chaque drame, puis on passe à autre chose. Or la prévention ne marche que si elle est continue : contrôles techniques réguliers, repos obligatoire, aménagement des zones dangereuses, panneaux visibles de jour comme de nuit.

 

Dire “gardons espoir” c’est humain. Mais l’espoir sans action laisse la route tuer. Des solutions durables existent :

HeaderBanner

1. Infrastructure : réparer les points noirs, élargir les courbes critiques, installer des glissières et un balisage efficace.  

2. Contrôle : renforcer les postes de contrôle, vérifier l’état des véhicules et le temps de conduite.  

3. Éducation : rappeler aux transporteurs et aux usagers que gagner 30 minutes ne vaut jamais une vie.

 

L’opérateur économique doit entretenir sa flotte. Le chauffeur doit respecter les règles. L’État et les collectivités doivent garantir une route praticable et surveillée. Quand chacun fait sa part, les accidents cessent d’être une fatalité.

 

Le chauffeur de la canter est sain et sauf. Tant mieux. Mais la prochaine fois, on n’aura peut-être pas cette chance. La route de Ndjolé ne demande pas de la compassion après coup. Elle demande des décisions avant. Parce qu’une économie qui avance a besoin d’une route qui protège. Et tant que les camions continueront de finir dans le décor, notre développement roulera avec le frein à main.

 

Aimé Jordan PANGO 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.