SCANDALE À LA PRISON CENTRALE DE LIBREVILLE : 5 MILLIONS ET UNE BALLE DE PISTOLET DISPARUS APRÈS UNE FOUILLE MUSCLÉE

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C’est une fouille qui devait assainir, mais qui finit en zone de turbulences. Le samedi 25 octobre 2026, à 6 heures du matin, le Groupement d’Intervention de la Sécurité Pénitentiaire, le GISP, a investi la Prison Centrale de Libreville sur ordre du nouveau Directeur, le commandant Loundou. Une opération coup de poing présentée comme une reprise en main, mais qui soulève aujourd’hui plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

 

D’abord sur la forme. Selon les informations rapportées par la presse judiciaire gabonaise, sous la plume de notre confrère Gaël Bobouagno Lenga, cette descente d’envergure s’est déroulée sans la présence du Procureur de la République chargé de la détention, pourtant garant légal de la surveillance judiciaire des lieux privatifs de liberté. Plus troublant encore, les surveillants généraux, qui connaissent le mieux la cartographie criminelle des quartiers et des parloirs, auraient été tenus à l’écart. Une entorse procédurale qui fragilise d’emblée la transparence de l’opération.

 

Sur le fond, le butin est conséquent et atteste d’un laxisme ancien. Armes blanches, couteaux, machettes, comprimés de type Kobolo et autres stupéfiants ont été saisis. Rien d’étonnant dans une maison d’arrêt surpeuplée. Mais deux saisies sortent du lot et alimentent désormais toutes les conversations dans les couloirs du Palais de Justice : une munition de 9 mm pour pistolet automatique et une cagnotte de cinq millions de francs CFA.

 

La balle de PA, découverte en Prévention B, est un mystère à elle seule. Elle aurait été attribuée dans un premier temps au chef de quartier adjoint surnommé « Doug-Saga », qui conteste formellement. À quoi sert une balle seule sans l’arme qui va avec ? Pour plusieurs sources pénitentiaires, la thèse la plus plausible serait une chute accidentelle de l’équipement d’un agent de la promotion 2025 engagé dans la fouille. Sauf que depuis, cette munition se serait volatilisée. Elle ne figurerait dans aucun procès-verbal de saisie transmis au Parquet. Où est passée la preuve ?

 

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Le dossier des cinq millions est encore plus explosif. Quatre millions saisis dans les quartiers des hommes, un million à la Maison d’Arrêt des Femmes. Une somme considérable qui appartient, quoi qu’on en pense, aux détenus. Or, la règle pénitentiaire est claire : tout numéraire saisi doit être consigné au greffe et versé chez le régisseur pour une gestion tracée et restituable. Selon des sources judiciaires concordantes, cette procédure n’aurait pas été respectée. L’argent aurait été acheminé directement au commandement en chef de la sécurité pénitentiaire par la Direction, sans trace dans le rapport officiel.

 

Ce contournement pose un problème moral et légal majeur. En privant le greffe de son rôle de dépositaire, on prive les détenus de leurs avoirs et on ouvre la porte à tous les soupçons. Pourquoi masquer cette saisie ? Pourquoi les premiers comptes rendus médiatiques de l’opération ont-ils soigneusement omis ces deux détails ? Le silence interroge et nourrit l’idée d’une gestion occulte au sein de ce qui devrait être la maison de la rigueur.

 

Car l’opération a eu un autre visage, beaucoup plus sombre. Au nom de la sécurité, des biens de première nécessité auraient été détruits. Traitements pour pathologies lourdes écrasés au sol, réserves d’eau potable déversées. Dans une prison où l’infirmerie manque déjà cruellement de médicaments et où l’accès à l’eau est un combat quotidien, cette brutalité est vécue comme une double peine, indigne et attentatoire à la dignité humaine.

 

Aujourd’hui, le dossier exige des réponses. Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur le GISP ou sur le commandant Loundou, dont la volonté d’assainir est louable, mais d’exiger la transparence minimale. La justice gabonaise doit être saisie. La Direction de la Prison Centrale doit transmettre l’intégralité des scellés, armes, drogue, munition et surtout justifier de la destination des cinq millions au Parquet de Libreville. C’est à ce prix que cette fouille restera une opération de sécurité, et non le début d’un scandale financier.

Source : Presse Judiciaire Gabonaise 

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