U17 : 6-0 À RABAT, LE GABON A AFFRONTÉ 15 ANS DE PRÉPARATION

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Le score est lourd : 6-0 pour le Maroc. Mais le vrai score, c’est 15 ans contre quelques jours. À Rabat, les Panthères U17 du Gabon n’ont pas perdu contre une équipe, elles ont perdu contre une préparation qui dure depuis 2008.

 

Côté marocain, la préparation a commencé il y a 15 ans. En 2008, le Roi Mohammed VI fait du football un projet d’État. L’Académie Mohammed VI est construite à Salé, inaugurée en 2010 pour 13 millions d’euros. On y détecte les talents à 12 ans. Ils y vivent, étudient et s’entraînent tous les jours. C’est de là que sortent En-Nesyri, Ounahi, Aguerd. Les U17 qui ont battu le Gabon 6-0 suivent ce même cursus depuis 5 ans. Leur préparation pour ce match n’a pas duré une semaine, elle a duré 5 ans.

 

Le Maroc a ensuite industrialisé sa préparation. En 2019, le Complexe Mohammed VI de Maâmora ouvre : 29,3 hectares, 11 terrains FIFA, hôtels, hôpital universitaire, centre de médecine du sport, piscine olympique. 630 millions de dirhams d’investissement, soit 75 millions d’euros. Les Lionceaux U17 y sont en internat permanent, 365 jours sur 365. Double séance quotidienne, vidéo, GPS, nutritionniste, préparateur mental. C’est une préparation de professionnels.

 

En face, la préparation gabonaise n’a tout simplement pas existé. Il faut le dire sans détour. Nos Panthéreaux n’ont pas eu le temps. Pas de centre fédéral, pas de championnat U17 régulier sur 10 mois, pas de stage de 3 semaines pour créer des automatismes. Un regroupement express de quelques jours, le temps de se présenter entre coéquipiers, et un avion pour Rabat pour affronter la meilleure académie d’Afrique. On ne prépare pas un match international de ce niveau en quelques jours.

 

L’écart de préparation se voit dans les résultats. Le Maroc U17, grâce à ses 15 ans de travail continu, est quart de finaliste de la dernière Coupe du Monde U17 en 2023, finaliste de la CAN, qualifié pour 2025 avec un 16-0 contre la Nouvelle-Calédonie. Il joue ensemble depuis des années. Le Gabon, lui, a découvert le haut niveau à Rabat. Il cherche encore ses repères collectifs. L’écart n’est pas technique, il est athlétique, tactique et mental. Il est le fruit direct du temps de préparation.

 

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C’est pour cela que nos jeunes méritent le respect, pas les critiques. À 16-17 ans, aller affronter chez lui, sans préparation adéquate, le Maroc qui prépare ce match depuis 15 ans, c’est un acte de bravoure. Ils ont tenu, ils ont appris. Cette défaite 6-0 leur apprendra plus que 10 victoires faciles à la maison.

 

Si ce match a eu lieu, c’est grâce à la FEGAFOOT. Sous le leadership de son président Pierre Alain Mounguengui, la fédération a fait le choix courageux de la vérité : organiser les championnats nationaux U15 à Lambaréné et U17 à Oyem pour relancer la base, puis aller chercher le plus haut niveau possible à Rabat, même sans être prêts à 100%, pour mesurer le chemin.

 

Le modèle marocain nous donne la leçon : au haut niveau, le talent ne suffit plus. Le football est une science de la préparation longue. Avec près de 2 milliards d’euros investis en 15 ans, dont 20 milliards de dirhams pour les stades du Mondial 2030, le Maroc a fait de la préparation une politique publique portée par l’État, pas seulement par une fédération.

 

La FEGAFOOT fait sa part, mais elle ne peut pas préparer une génération en 15 jours. Il faut maintenant que l’État gabonais prenne le relais : construire nos centres de formation, financer un vrai championnat de jeunes sur une saison entière et donner à nos U17 le temps de se préparer.

 

Aimé Jordan PANGO 

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