UDB : OLIGUI NGUEMA RÉORGANISE LA TRÉSORERIE ET PLACE SA CONFIANCE EN UN NOUVEAU TRIO
Le signal est brutal et hautement politique. À la tête de l’Union Démocratique des Bâtisseurs, Brice Clotaire Oligui Nguema vient de faire ce que peu de chefs osent faire : il a retiré la caisse du parti des mains de sa propre famille.
Aurélien Marcel Mintsa-Mi-Nguema, son petit frère, quitte la Trésorerie Générale. C’est Luc Aymard Madama Bouyela qui le remplace à ce poste ultra-sensible, épaulé par Yannick Mefane promu Trésorier Général Adjoint n°1 et Alice Princesse Ontsieni Ompindji épouse Ndilalolo nommée Trésorière Générale Adjointe n°2.
Ne nous y trompons pas. Dans la culture politique gabonaise, confier la trésorerie à son petit frère, c’est le sceau de la confiance familiale, le verrou ultime. Le retirer, même sans bruit ni humiliation, c’est un acte de gouvernance fort. Oligui Nguema vient de démontrer que l’UDB n’est pas une affaire de famille, c’est une affaire d’État. Que le mérite et la confiance professionnelle priment désormais sur le lien de sang.
Ce trio n’est pas choisi au hasard. C’est le trio qui va tenir les cordons de la bourse de la machine politique la plus puissante du pays. Le Président fondateur vient de sceller la nouvelle architecture financière de sa formation. Un choix qui n’a rien d’anodin.
Et au cœur de ce trio, une trajectoire raconte toute la méthode Oligui. Celle de Yannick Mefane. Il était jusqu’ici Trésorier Général Adjoint 2, l’homme de l’ombre qui faisait le travail sans faire de bruit. Il passe aujourd’hui Adjoint 1. Ce n’est pas une simple montée d’un cran sur l’organigramme. C’est une promotion au mérite. Une intronisation dans le premier cercle financier du parti.
Car à l’UDB, la trésorerie n’est pas un poste administratif. C’est un poste politique et stratégique. Celui qui tient la caisse tient la capacité du parti à exister, à financer ses fédérations dans les neuf provinces, à organiser ses meetings, à faire vivre ses cellules des quartiers de Libreville aux villages les plus reculés. Oligui Nguema le sait. On ne bâtit pas une Ve République avec une caisse gérée comme une tontine familiale. On la bâtit avec une machine financière solide, traçable, professionnelle et loyale.

Il y lit surtout la vision du Chef. Une vision qui vise à renforcer les capacités de l’UDB pour un Gabon plus fort, plus uni et plus prospère. Ce triptyque, cœur du projet d’Oligui depuis le 30 août 2023, n’est pas qu’un slogan. C’est une feuille de route. Plus fort par la souveraineté, plus uni par la réconciliation, plus prospère par la relance.
Le fait que le Président ait osé remplacer son propre petit frère par Luc Madama Bouyela donne d’ailleurs un poids immense à cette nouvelle équipe. Il envoie un message clair à tous les militants : personne n’est propriétaire d’un poste à l’UDB, pas même la famille du Chef. Seule compte la confiance et l’efficacité. En nommant Bouyela, Mefane et Ontsieni Ompindji, il place en eux une confiance qui vaut plus que les liens du sang. C’est une confiance politique, totale.
Ce trio incarne la nouvelle méthode UDB. Fini le parti attrape-tout. Place à la professionnalisation. Luc Bouyela à la manœuvre, épaulé par Mefane qui a fait ses preuves dans l’ombre et par Alice Princesse Ontsieni Ompindji, ils devront transformer l’essai. Leur mission sera de donner à l’UDB les muscles de son ambition : financer l’implantation, assurer une gestion irréprochable et transparente.
Le défi est immense. Dans un pays qui a fait de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance son nouveau credo, le parti au pouvoir se doit d’être exemplaire. La caisse de l’UDB sera scrutée. La rigueur d’entreprise devra remplacer les arrangements familiaux.
Pour Luc Madama Bouyela, c’est une prise de fonction avec le poids d’une succession symbolique. Pour Oligui Nguema, c’est un message fort : il a sacrifié le lien familial sur l’autel de l’efficacité pour verrouiller sa caisse avec des hommes de confiance.
Aimé Jordan PANGO
