MAKOKOU : SÉQUESTRÉE SUR UN CHANTIER D’OR CLANDESTIN, UNE GABONAISE VIT L’ENFER AUX MAINS DE SON COMPAGNON
L’horreur se vit en direct, loin de tout, au fond de la forêt de l’Ogooué-Ivindo. Au village Ihanzo, sur le chantier d’or clandestin d’Ingomet, une jeune Gabonaise serait en train de vivre un calvaire. Battue, séquestrée, coupée du monde, elle aurait réussi à faire passer un appel à l’aide qui glace le sang.
L’homme mis en cause est connu à Makokou. Il s’appelle William Ndongwi, de nationalité camerounaise. Selon nos informations, il y vit depuis des années sans aucun titre de séjour, sans document, et tire ses revenus de l’exploitation illégale de l’or. Un orpailleur clandestin qui a fait de la forêt son territoire et de l’impunité son mode de vie.
Ce n’est pas son premier coup d’éclat. Dans la région, l’individu est présenté comme un récidiviste de la violence conjugale. Battre ses compagnes serait pour lui une habitude, une norme. Une violence banalisée que personne n’aurait jamais osé stopper. Les femmes se seraient succédé, les coups aussi, dans le silence complice d’un chantier isolé où la loi du plus fort fait office de code.
Mais cette fois, la ligne rouge a été franchie. Sa compagne actuelle, une jeune Gabonaise qui a cru pouvoir construire une vie à ses côtés, vient d’être passée à tabac avec une violence extrême. Le visage tuméfié, le corps meurtri, elle n’est pas seulement victime de coups, elle est désormais prisonnière.
Car l’homme aurait mis en place un véritable système de séquestration. Il aurait donné des consignes fermes à tous les motards qui font la navette vers Ihanzo : interdiction formelle de transporter cette femme. Aucune moto ne doit la sortir du chantier. Il l’aurait également privée de téléphone, coupant tout contact avec sa famille, ses proches, toute possibilité d’alerte. Elle est isolée, encerclée, à la merci de son bourreau.

Comment est-ce possible en 2026 ? Comment, dans un Gabon qui prône la restauration de l’autorité de l’État, une femme peut-elle être séquestrée et battue en plein jour sur un site d’orpaillage illégal tenu par un individu en situation irrégulière ? La question n’est plus seulement celle de la violence conjugale, elle est celle de l’effondrement de la présence de l’État dans certaines zones aurifères de l’Ogooué-Ivindo.
L’affaire pose deux scandales en un. Le scandale de la violence faite aux femmes, d’abord. Le Gabon a fait de la lutte contre les féminicides et les violences basées sur le genre une cause nationale. Chaque discours officiel le rappelle. Mais à Ihanzo, une Gabonaise est en train d’être brisée, loin des discours. Et le scandale de l’immigration incontrôlée et de l’exploitation illégale de nos ressources ensuite. Comment tolérer qu’un individu qui pille l’or gabonais en toute illégalité puisse en plus s’arroger le droit de séquestrer une fille du pays ?
Le temps n’est plus aux constats, il est à l’action. C’est un appel urgent et solennel que nous lançons aux autorités de l’Ogooué-Ivindo. Au Préfet du département de la Mpassa, au gouverneur de la province, aux forces de défense et de sécurité, au Procureur de la République près le Tribunal de Makokou. Une femme est en danger de mort. Il faut aller la chercher à Ihanzo. Maintenant.
Car il faut le rappeler avec force : la violence conjugale n’est pas une affaire privée qui se règle dans la forêt. La séquestration n’est pas un conflit de couple. C’est un crime. Un crime puni par le Code pénal gabonais. Chaque minute qui passe sans intervention est une minute de trop qui engage notre responsabilité collective.
L’histoire de cette jeune femme d’Ihanzo est le test de notre humanité et de notre État de droit. Si nous la laissons prisonnière d’un chantier d’or illégal, c’est tout le Gabon nouveau que nous prétendons bâtir qui s’effondre.
