30 AOÛT À MAKOKOU : LA VRAIE LIBÉRATION ATTEND TOUJOURS
Le 30 août 2023, le Gabon a tourné une page. Trois ans plus tard, la fête de la libération doit être célébrée à Makokou, dans l’Ogooué-Ivindo. Or, pour une partie des Ogivins, une célébration sans Alain Claude BILIE BY NZE libre n’a pas de sens. Dans la province, on le dit sans détour : fêter sans celui qui incarne politiquement l’Ogooué-Ivindo, ce serait organiser « un rendez-vous comme un autre ».
« Pour l’honneur de l’Ogooué-Ivindo, pour ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain », plaident des voix locales. L’argument est simple : une fête de libération doit rassembler, pas diviser. Célébrer à Makokou en laissant de côté le principal cadre politique de la province, c’est donner l’impression d’une mémoire à géométrie variable.
Au-delà des appartenances, des responsables politiques rappellent une règle de base : la politique est aussi un jeu. Un jeu qui a ses règles. Et la plus humaine d’entre elles, disent-ils, c’est de tendre la main à celui qui est tombé, surtout les jours de fête nationale. Le 30 août, date symbole, devrait être ce moment de dépassement.
Tous les regards se tournent vers le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. L’appel est clair : poser avant ou pendant le 30 août à Makokou un acte fort en faveur d’Alain Claude BILIE BY NZE. Pour ses partisans, ce ne serait pas un signe de faiblesse. Au contraire, ce serait la marque d’un bâtisseur rassembleur, capable de privilégier la cohésion à la crispation.
L’appel traverse la province. De Booué à Makokou, de Mékambo à Ovan, des citoyens demandent que le message remonte, « dignement et fermement. » Pas dans la provocation, mais au nom de l’honneur, du respect, de la justice et de l’humanité. L’idée : que la commémoration ne se limite pas aux discours officiels.

Sur le terrain, le sentiment est tenace. Si ACBBN reste absent, la cérémonie aura lieu, mais elle n’aura pas d’impact. Elle sera protocolaire. Elle remplira l’agenda, pas les cœurs. La symbolique du 30 août exige une portée nationale et provinciale. Or, comment parler de libération quand une figure majeure de la province est encore écartée ?
Pour beaucoup d’Ogivins, la vraie « cerise sur le gâteau » du 30 août à Makokou, ce serait la libération d’Alain Claude BILIE BY NZE. Un geste qui donnerait à la fête toute sa dimension : celle du pardon, de la réconciliation et du rassemblement. Sans cela, le risque est grand de voir la commémoration passer comme une formalité.
Le débat dépasse un homme. Il touche à la manière dont le Gabon gère sa mémoire et ses fractures politiques. Fêter la libération, c’est aussi montrer que la nouvelle ère sait tourner la page sans effacer. Mettre un cadre de l’Ogooué-Ivindo hors du cadre le jour même, c’est entretenir un malaise.
Le pouvoir a fait du rassemblement son axe. Makokou offre l’occasion de le démontrer. Un geste d’apaisement à l’égard d’ACBBN ne réglerait pas tout, mais il enverrait un signal fort : la province compte, ses cadres comptent, et la fête appartient à tous. C’est tout l’enjeu politique du 30 août.
En attendant le jour J, des prières montent pour ACBBN. Et une exigence demeure : que la fête de la libération à Makokou ne soit pas une coquille vide. Pour qu’elle marque les esprits, il faudra plus que des défilés. Il faudra un acte fort qui dépasse toute attente. Et pour l’Ogooué-Ivindo, cet acte porte un nom.
Aimé Jordan PANGO
