LIBREVILLE EN GUERRE CONTRE LAIDEUR : OLIGUI NGUEMA SOMME LES PROPRIÉTAIRES DE FINIR OU DE CÉDER
LIBREVILLE – ACTUALITE 241- Fini les squelettes de béton. Brice Clotaire Oligui Nguema a déclaré la guerre aux immeubles inachevés et délabrés* qui défigurent Libreville.
Le 16 août, lors de son discours pour les 66 ans de l’Indépendance, le Chef de l’État a lancé un ultimatum clair aux propriétaires : achevez vos chantiers, ou l’État s’en chargera.
Des dents creuses qui gâchent la capitale
Dans tous les quartiers, ils sont là. Des immeubles à l’abandon, des chantiers arrêtés depuis 10 ans, des façades noircies par l’humidité.
Résultat : une capitale qui fait sale, malgré les efforts de nettoyage. Poubelles, eaux stagnantes, herbes hautes… et ces carcasses de béton qui donnent un visage de ville en chantier permanent.
Pour OLIGUI NGUEMA, c’est terminé. « Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations envers la collectivité », a-t-il martelé. Traduction : la propriété privée ne donne pas le droit d’enlaidir la ville.
Le message est sans ambiguïté. Les propriétaires ont les plus brefs délais pour finaliser leurs constructions.
Et si rien ne bouge ? Le Président l’a dit : l’État pourra réquisitionner ces biens. Toujours dans le cadre de la Constitution et du respect du droit de propriété, mais la menace est réelle.
Après les maires, les propriétaires : la pression monte d’un cran
Cette sortie n’arrive pas de nulle part. Il y a quelques semaines, le Chef de l’État avait déjà recadré les maires du Grand Libreville sur la question de l’insalubrité.

Là, il monte d’un étage. Il ne s’attaque plus seulement à la saleté dans la rue, mais à ceux qui, par leur inaction, entretiennent le désordre urbain.
La logique est simple : on ne peut pas demander à la mairie de nettoyer si, à côté, un immeuble inachevé sert de dépotoir et de refuge aux moustiques.
La mesure fait débat. D’un côté, les défenseurs du droit de propriété crient à l’ingérence. De l’autre, une majorité de Librevillois applaudit : la ville appartient à tous, pas seulement à ceux qui ont un titre foncier.
Le défi pour l’État sera d’appliquer sans deux poids deux mesures. Identifier les vrais cas d’abandon, proposer des accompagnements pour ceux qui manquent de moyens, et frapper fort contre les spéculateurs.
Avec cette annonce, OLIGUI NGUEMA poursuit son objectif : donner un nouveau visage à Libreville.
Après le nettoyage des rues et le recadrage des maires, il s’attaque au cœur du problème : le bâti.
Reste maintenant à passer des paroles aux actes. Les propriétaires ont été prévenus. Le compte à rebours a commencé.
La bataille contre l’insalubrité ne se gagnera pas qu’avec des balais. Elle se gagnera aussi avec du ciment, des grues… et de la volonté politique.
Aimé Jordan PANGO
