De l’association villageoise à la dérive clanique : « Ossimane de la Pensée Patriotique », un caillou dans la chaussure de l’UDB

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À l’origine, Ossimane n’était qu’une modeste association communautaire, réunissant les ressortissants du village natal du père du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais très vite, cette structure à vocation sociale et identitaire s’est muée en une véritable plateforme politique informelle, changeant de nom pour devenir la Pensée Patriotique. Et avec ce changement d’identité, un virage radical : celui du clientélisme clanique et du parasitage de la dynamique républicaine portée par l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB).

 

Sous couvert de patriotisme et de loyauté au chef de l’État, les membres influents de cette nébuleuse politique se réclament ouvertement de leur lien parental avec le président. Ils tentent ainsi d’imposer un pouvoir de tutelle dans les sphères locales, notamment à Owendo, en dictant les choix politiques, en excluant ceux qu’ils jugent « non alignés », et en alimentant les tensions internes.

 

L’instrumentalisation des origines présidentielles

 

Ce qui choque aujourd’hui, ce n’est pas qu’une association se structure politiquement. C’est qu’elle le fasse au nom d’une proximité familiale avec le président, et qu’elle s’érige en autorité parallèle au sein même des forces de la transition. Pire : cette mouvance clanique alimente une opposition malsaine entre la lignée paternelle du chef de l’État, à laquelle elle appartient, et sa lignée maternelle, issue du peuple téké. Une fracture familiale utilisée comme levier politique, au détriment de l’unité nationale.

 

Ce jeu dangereux prend en otage tous les Gabonais qui aspirent à un avenir apaisé et débarrassé des vieux réflexes tribalo-politiques. Il ternit également l’image d’un président dont le discours, depuis le 23 août 2023, a toujours été celui de l’équilibre et de l’inclusion.

 

D’Ossimane à la Pensée Patriotique : le recyclage des claniques en pleine transition républicaine

 

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La transformation d’une association villageoise en bras politique officieux d’un groupe de pression familial illustre une faille structurelle dans les transitions post-autocratiques : l’absence de rupture nette avec les anciennes logiques de pouvoir.

Ce que révèle la trajectoire d’Ossimane, c’est une tentative de recomposition politique sur des bases ethniques et clientélistes, en contradiction flagrante avec l’esprit de la Cinquième République.

 

Il faut le dire sans détour : une transition réussie exige non seulement des institutions fortes, mais aussi des citoyens et des leaders capables de s’émanciper des liens claniques. Car en fin de compte, ce n’est pas la proximité avec le président qui légitime une parole ou une ambition politique, mais l’adhésion au projet commun, à la République, et au peuple.

 

Un tri nécessaire au sein des bâtisseurs

 

Dans ce contexte, il devient impératif que les bâtisseurs sincères se démarquent clairement de ces manœuvres. L’UDB ne peut et ne doit être un refuge pour les rescapés du PDG camouflés sous de nouvelles étiquettes. Mieux vaut des adversaires déclarés que des infiltrés rusés. Mieux vaut des PDGistes qui assument leur héritage, que des anciens apparatchiks recyclés en faux bâtisseurs.

 

La Cinquième République ne se construira pas sur les ruines maquillées de l’ancien régime, mais sur des fondations neuves, où l’éthique et l’intérêt général triomphent des intérêts de clan.

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