Owendo dévalise le Méga Marché CEAG : la guerre aux prix est lancée, les caddies respirent
Fini les promesses, place aux prix. Sous le haut patronage du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, la CEAG a sorti l’artillerie lourde contre l’inflation. Son arme : un Méga Marché à ciel ouvert, planté sur le parking de la gare SETRAG à Owendo. Mission affichée : tordre le cou aux tarifs qui étranglent les ménages.
À 7h samedi, la file s’étirait déjà. Owendo, Akanda, Libreville : les familles ont flairé la bonne affaire. Ambiance kermesse, mais organisation militaire. Des agents orientent, les stands tournent à plein régime. Ici, on ne vient pas flâner. On vient remplir le garde-manger sans vider le compte.
Riz, huile, sucre, savon, lait, conserves : les produits de base sont là, étiquetés 15 à 30% moins cher que chez l’épicier du coin. Le sac de riz 25 kg qui frôlait les 18 000 FCFA s’affiche à 13 500 FCFA. Le bidon d’huile passe sous la barre symbolique. Pour une fois, « prix cassés » n’est pas un slogan creux.
Comment font-ils ? La Centrale d’Achats du Gabon joue son rôle de shérif des prix. Elle court-circuite les grossistes, demi-grossistes et autres « démarcheurs » qui empilent les marges. En branchant directement importateurs et producteurs aux consommateurs, la CEAG supprime 3 à 4 maillons. Résultat : chaque maillon qui saute, c’est du pouvoir d’achat qui revient.
Sur le terrain, les calculatrices chauffent et les sourires reviennent. « Avec 50 000 FCFA, j’ai fait ce que je faisais avant avec 70 000 », lâche Clarisse, mère de quatre enfants. « Si ça pouvait être tous les mois, on vivrait mieux », renchérit un retraité. Le Méga Marché n’a pas vendu que de l’huile : il a vendu de l’espoir.

Créée pour réguler et sécuriser l’approvisionnement, la Centrale prouve qu’elle n’est pas un sigle de plus. En deux jours, elle a fait ce que des années de discours n’ont pas fait : agir sur le ticket de caisse. C’est la traduction concrète du mot d’ordre présidentiel : le social d’abord.
L’opération n’est pas tombée du ciel. Elle s’inscrit dans la feuille de route d’Oligui Nguema : rendre du pouvoir d’achat, maintenant. En plaçant le Méga Marché sous son haut patronage, le chef de l’État envoie un message : la lutte contre la vie chère se gagne sur le terrain, pas dans les bureaux.
Manger à sa faim sans s’endetter, c’est la base. Quand le riz devient un luxe, c’est le contrat social qui se fissure. Le Méga Marché répare plus qu’un budget : il répare de la confiance. Il dit aux Gabonais que l’État peut encore peser sur leur quotidien.
La demande est unanime sur le parking : il faut dupliquer. Port-Gentil, Franceville, Oyem, Mouila réclament leur tour. Les populations ne veulent plus de l’opération coup de poing. Elles veulent une politique. Transformer l’exception en système, le Méga Marché en circuit court permanent.
Le piège serait de s’arrêter là. Un week-end de prix bas ne règle pas l’inflation structurelle. Il faut du stock, de la régularité, des contrôles pour éviter que les mêmes produits réapparaissent plus chers dès lundi dans les quartiers. La CEAG joue sa crédibilité sur la durée.
En deux jours, Owendo a testé autre chose : un marché sans fioritures, où l’État redevient grossiste pour son peuple. Moins d’intermédiaires, plus de transparence, des files qui avancent. Si la formule tient, la CEAG ne sera plus seulement un régulateur. Elle deviendra l’arme préférée des ménages contre la vie chère.
