AES : LE 1% D’OBASANJO RESSUSCITÉ POUR FINANCER L’INDUSTRIE DU SAHEL

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Il y a quelques années, Olusegun Obasanjo l’avait posé sur la table de l’Union Africaine et de la CEDEAO : prélever 1% sur la valeur de toutes les matières premières brutes exportées d’Afrique pour créer un Fonds de Garantie Souverain et financer le continent sans passer par le FMI ou la Banque Mondiale.  

L’UA n’a rien fait. L’AES, elle, s’apprête à la transformer en loi. Au Sahel, la doctrine de la dépendance explose.

 

L’équation est brutale de simplicité. Chaque fois qu’un navire, un camion ou un avion quitte l’espace AES avec des ressources brutes, 1% de la valeur FOB est prélevé à la source. Payé en devises fortes par la multinationale, avant l’autorisation d’exportation.

Or, manganèse, pétrole, uranium, coton, or. L’argent est pris là où il se trouve : dans le flux qui part.

 

Ceux qui crient à l’utopie oublient que Bamako, Ouaga et Niamey appliquent déjà cette discipline :

– Burkina Faso : le Fonds de Soutien Patriotique prélève sur boissons, tabac, hydrocarbures. Résultat : des dizaines de milliards de FCFA mobilisés pour la sécurité. La population a accepté parce qu’elle voit le concret.  

– Mali : le nouveau Code Minier impose jusqu’à 35% de parts pour l’État et les nationaux, et supprime les exonérations accordées aux grands groupes.  

– Niger : reconquête d’Imouraren, réorganisation des exportations de pétrole. Objectif : sanctuariser les revenus.  

Le patriotisme n’est plus un slogan. Il est devenu un algorithme budgétaire.

 

L’AES exporte des milliers de milliards de FCFA de matières premières chaque année. 1% de ce flux, invisible pour le consommateur local et indolore pour des multinationales habituées à des marges énormes, génère plusieurs centaines de milliards de FCFA par an.

Injectés dans la future Banque de Développement de l’AES, ces fonds ne servent pas qu’à dépenser. Ils servent de collatéral.

 

En finance, 100 milliards de liquidités valent 1000 milliards de capacité d’emprunt. Avec un ratio de levier de 1 pour 5 ou 1 pour 10, un fonds de garantie de 200 milliards permet à la Banque de l’AES de lever entre 1000 et 2000 milliards sur les marchés indépendants : BRICS, banques asiatiques, Moyen-Orient.

Traduction : l’AES peut s’autofinancer à une échelle industrielle.

 

Trois chantiers prioritaires :

1. Le chemin de fer Bamako-Ouagadougou-Niamey : pour faire circuler les marchandises sans dépendre des ports côtiers.  

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2. Les centrales solaires et les réseaux : pour faire chuter le coût du kWh et attirer l’industrie lourde.  

3. L’agriculture irriguée : Office du Niger, plaines du Burkina et du Niger. Transformer le Sahel en grenier céréalier grâce à la maîtrise de l’eau.  

C’est ça l’indépendance : des rails, de l’énergie, de la nourriture.

 

La proposition Obasanjo a été enterrée dans les salons climatisés d’Addis-Abeba par peur de fâcher les partenaires du Nord.

L’AES n’a pas ce luxe. Elle est en guerre économique. Et en guerre, on ne mendie pas, on capte.

La création par traité du Fonds de Garantie des Matières Premières doit devenir la charte fondatrice de l’économie de l’AES.

 

Les multinationales vont crier. Certains États voisins vont faire pression. Mais le calcul est clair : 1% ne tue pas une mine, une raffinerie ou un champ cotonnier. L’absence d’infrastructures, si.

De plus, la règle doit être standardisée et transparente. Pas de négociation au cas par cas. Un taux, une caisse, un contrôle.

 

Pendant des décennies, on a exporté brut et importé cher. On a financé le développement des autres avec notre sous-sol.

L’AES inverse la logique : on prélève d’abord, on transforme ensuite, on finance nous-mêmes.

C’est la fin du modèle tendre la sébile. C’est le début du modèle capturer la valeur.

 

L’or jaune, l’or noir et le coton blanc du Sahel n’ont plus à enrichir des bourses étrangères en laissant de la poussière.

Ils doivent couler dans les fondations de l’empire industriel de l’AES.

 

L’Union Africaine a enterré la proposition Obasanjo. L’Alliance des États du Sahel peut la ressusciter. Et avec elle, financer la seule chose qui compte : sa propre puissance.

 

Aimé Jordan PANGO 

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