RÉGIES FINANCIÈRES : L’ULTIMATUM DE L’IRFAA, LA GRÈVE PLANE SUR LE MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE DÈS LE 30 SEPTEMBRE

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C’est un silence qui pourrait coûter cher à l’État. Depuis le 15 septembre 2026, l’Intersyndicale des Régies Financières et Administrations Assimilées (IRFAA) a saisi officiellement le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère, par courrier n°005/IRFAA/2026. Objet : une demande d’audience urgente sur un dossier explosif. À ce jour, aucune réponse. Un mutisme total que l’intersyndicale ne supporte plus.

 

Au cœur de la colère, un arrêté qui dort dans les tiroirs. Celui qui doit acter la mise en œuvre des recommandations issues des audits et des cellules techniques menés durant la transition. Pour l’IRFAA, ce n’est pas un simple papier administratif, c’est la clé de voûte du dialogue social. Sans la signature de cet arrêté et la mise en place du comité de suivi qu’il encadre, toutes les promesses de la transition resteront lettre morte pour les agents qui tiennent les cordons de la bourse de l’État.

 

Car les rapports d’audit sont clairs et leurs revendications sont légitimes. Ils préconisent sept mesures d’urgence pour assainir et apaiser le secteur : le toilettage intégral du fichier des effectifs et des primes gangrené par des irrégularités, la création d’un guichet unique Budget – Fonction Publique pour en finir avec le parcours du combattant des situations administratives, et la signature du décret encadrant la très attendue Prime Budgétaire (PB).

 

Mais la liste ne s’arrête pas là. Les agents réclament aussi l’harmonisation des grilles de paiement pour mettre fin à une injustice criante entre régies, la levée pure et simple de la décote qui ampute leurs revenus, le paiement des arriérés de la Prime de Performance Budgétaire (PPB) et de la Prime de Servitude (PS) qui s’accumulent depuis des mois, et enfin, l’organisation du concours professionnel des quinquagénaires, une question de dignité pour des agents en fin de carrière.

 

Face à ce catalogue de revendications non satisfaites, la patience de la base est à bout. Et l’IRFAA l’a fait savoir sans détour : elle fixe une date butoir. Le 30 septembre 2026. C’est la ligne rouge. Passé ce délai, si le ministère continue de faire la sourde oreille, le climat social apaisé que l’intersyndicale a jusqu’ici maintenu volera en éclats.

 

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Le communiqué est sans ambiguïté et il se veut une dernière main tendue avant la tempête. Si le 30 septembre aucune avancée concrète n’est enregistrée, si le ministre ne sort pas de son mutisme, l’IRFAA se réserve le droit d’appeler à une mobilisation générale de tous les agents des régies financières. Un euphémisme pour annoncer ce que tout le monde redoute.

 

Car qui dit mobilisation générale dit convocation d’une Assemblée Générale. Et dans le jargon syndical gabonais, tout le monde sait ce que cela signifie. Une AG dans les régies financières, c’est l’antichambre de la grève. Et une grève dans ce secteur névralgique, c’est le Trésor public qui s’arrête, ce sont les recettes de l’État qui ne sont plus collectées, c’est l’administration qui se paralyse.

 

Le gouvernement peut-il se permettre un tel bras de fer à quelques mois de la fin de l’année budgétaire ? Certainement pas. Bloquer les régies financières, c’est prendre en otage toute l’économie nationale. C’est pourquoi cet ultimatum ne doit pas être pris à la légère par le ministère de l’Économie. Il est encore temps d’agir.

 

L’IRFAA a joué la carte de la responsabilité en saisissant le ministre par voie officielle. Elle a joué la carte de l’apaisement en fixant un préavis clair. Désormais, la balle est dans le camp du ministre. Il lui reste quelques jours pour convoquer les partenaires sociaux, signer l’arrêté et enclencher le comité de suivi.

 

En attendant, le mot d’ordre est lancé à la base : rester mobilisés, vigilants et déterminés. Trésor – impôt – Hydrocarbures – Marché – Publics – AJE – DGBFIP – DGEPF – DNA – Compte Publics sont en ordre de bataille. Le 30 septembre approche. Le ministère a le choix entre le dialogue et la paralysie.

 

Aimé Jordan PANGO 

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