Akanda : quand la mairie invente sa propre taxe, les camions des TM disent stop

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Mardi 26 mai 2026, Akanda a vu défiler les bennes et les voix en colère. Le SYLTTEG a sorti ses transporteurs de matériaux dans la rue pour dénoncer une taxe de chargement et de déchargement perçue par des particuliers, sans base légale claire. Pour le syndicat, c’est du racket institutionnel pur et simple. Et ils interpellent directement le président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, qui a fait de la lutte contre les prélèvements illégaux un marqueur de son mandat.

 

Réunis devant la mairie, transporteurs gabonais et expatriés ont dit la même chose : on paie déjà. Taxe municipale, autorisation de circuler, patente au Trésor. Tout est en règle. Pourtant, à chaque chargement, on leur réclame une nouvelle ligne de dépense, confiée à des collecteurs sans statut officiel. « Trop, c’est trop », a résumé Jean Robert MENIE, président du SYLTTEG, devant une foule qui approuvait d’un hochement de tête unanime.

 

Le cœur du problème est simple : on taxe deux fois la même opération. La redevance censée couvrir l’usage de l’espace public et la logistique de chargement existe déjà dans les paiements réglementaires. Recréer une taxe parallèle, c’est organiser une double imposition déguisée. Pour des acteurs dont la recette journalière tourne entre 5 000 et 10 000 FCFA, parfois 15 000 FCFA les bons jours, prélever 12 000 FCFA forfaitaires, c’est tuer la journée avant même de commencer.

 

Ce qui choque, ce n’est pas seulement le montant. C’est à qui va l’argent. Le SYLTTEG dénonce une délégation de collecte à des individus sans mandat administratif visible, sans reçu traçable, sans contrôle. Dans ce flou, la porte est ouverte aux abus, aux négociations de gré à gré, et à ce que le syndicat appelle une « prédation économique organisée ». Quand la collecte sort du cadre légal, elle devient une rente.

 

Les transporteurs de matériaux sont le sang du chantier. Sans benne, pas de sable, pas de gravier, pas de parpaings. Sans parpaings, pas de maison, pas d’école, pas de route. Freiner ces opérateurs, c’est ralentir tout le secteur du bâtiment et donc la croissance urbaine d’Akanda et de Libreville. On ne protège pas l’économie en étranglant ceux qui la font rouler.

 

La formule de Jean Robert MENIE résume la position du syndicat. Il ne s’agit pas d’une grève anti-fisc. Il s’agit d’un refus d’obéir à une règle qui n’existe pas sur le papier. L’État a besoin de recettes, mais la recette sans texte, c’est de l’arbitraire. Et l’arbitraire décourage l’investissement, multiplie les contournements, et alimente la méfiance.

 

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Le président OLIGUI NGUEMA a multiplié les messages contre le racket institutionnel. Akanda est l’occasion de montrer que la parole se traduit en actes. Si cette taxe illégale continue, le message envoyé aux opérateurs est clair : les discours ne changent rien sur le terrain. Si elle est suspendue et auditée, le signal inverse est envoyé : les règles comptent, et elles s’appliquent à tout le monde.

 

Arrêt immédiat des collectes non prévues par les textes. Publication des arrêtés municipaux applicables. Mise en place d’un guichet unique avec reçu officiel pour toute redevance. Et un audit croisé entre la mairie, le Trésor et le ministère du Transport pour harmoniser ce qui est perçu et ce qui doit l’être. Rien de révolutionnaire. Juste de la légalité.

 

Continuer comme ça, c’est organiser une fuite des opérateurs vers l’informel, augmenter les coûts de construction, et créer un climat d’affrontement inutile entre administration locale et secteur privé. À l’inverse, recadrer la pratique renforce la crédibilité de la mairie et sécurise les recettes légitimes.

 

On parle souvent de moralisation au sommet. Mais la vraie confiance se gagne à 50 cm du sol, au moment où le receveur tend la main. Si ce geste n’est pas encadré, tout le discours sur l’assainissement de la gestion publique sonne creux.

 

Les transporteurs ont parlé, les chiffres sont sur la table, la contradiction est documentée. Soit Akanda clarifie et supprime la taxe illégale, soit Libreville tranche. Dans les deux cas, les transporteurs ne lâcheront pas. Parce qu’ils ne demandent pas un privilège. Ils demandent le droit de travailler sans payer deux fois pour le même trou dans le sable.

 

Source : La Fuite de l’infos

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