LE GABON AU CŒUR DE LA GOUVERNANCE AFRICAINE : MOUNGUENGUI REPRÉSENTE LA CAF À L’ÉLECTION BÉNINOISE
LE GABON AU CŒUR DE LA GOUVERNANCE AFRICAINE : MOUNGUENGUI REPRÉSENTE LA CAF À L’ÉLECTION BÉNINOISE
Ce lundi 25 août 2026 à Djassin, le football béninois vit un tournant. L’Assemblée générale élective de la Fédération Béninoise de Football doit désigner la nouvelle équipe qui succédera à celle de Mathurin de Chacus. Un scrutin suivi de près à Abidjan, à Rabat… et à Libreville.
Pour encadrer le processus, la FIFA et la CAF ont désigné un émissaire de poids : Pierre Alain MOUNGUENGUI. Président de la Fégafoot et 3e vice-président de la CAF, le Gabonais s’est envolé pour Porto-Novo. Mission : superviser, sécuriser et garantir la régularité du vote. Une marque de confiance forte envers un dirigeant reconnu pour son expérience continentale.
Ce n’est pas une première. Mounguengui connaît les couloirs des fédérations, les tensions pré-électorales, les pièges statutaires. Son rôle n’est pas de faire campagne. Il est là pour veiller au respect des textes, à la transparence du dépouillement et à la sérénité du débat. Dans un contexte où chaque élection fédérale peut déraper, sa présence vise à crédibiliser le scrutin aux yeux du monde.
Après clôture des dépôts le 25 juillet 2026, trois dossiers avaient été enregistrés. À l’issue de la validation, une seule liste a été retenue : « Ensemble, visons plus haut », conduite par Marcellin BOCOVÈ. Sauf surprise de l’Assemblée, il devrait donc succéder à Mathurin de Chacus. Mais une élection à candidat unique ne veut pas dire élection sans vigilance.
La liste de Marcellin Bocovè se présente ainsi :
– Président : Marcellin Bocovè
– 1er VP : Sylvain Lawson
– 2e VP : Pedro Ayéma
– 3e VP : Augustin Ahouanvoebla
– 4e VP : Chantal Ahyi
– 5e VP : Bio Sarako Tamou
Un équilibre affiché entre expérience, territoires et genre, avec une vice-présidence féminine qui envoie un signal.

Sous le slogan « Ensemble, visons plus haut », la nouvelle équipe promet la consolidation des acquis, mais aussi un coup d’accélérateur. Priorités annoncées : renforcer les championnats nationaux, structurer les clubs, investir massivement dans la formation et le football de base. Et surtout, donner une vraie impulsion au football féminin, longtemps resté en marge.
Le choix de MPA n’est pas anodin. Le Gabon, sous sa présidence à la Fégafoot, a traversé des réformes, des audits, des élections. Mounguengui incarne une certaine stabilité institutionnelle. L’envoyer au Bénin, c’est dire que Libreville n’est plus seulement consommateur de gouvernance, mais exportateur d’expertise.
Une liste unique peut inquiéter : manque de débat, risque de consensus mou. C’est précisément là que le rôle de l’émissaire CAF/FIFA prend tout son sens. S’assurer que la procédure est propre, que les statuts sont respectés, que l’Assemblée vote en toute liberté. La légitimité se gagne aussi dans la forme.
Le Bénin n’est pas isolé. Les élections fédérales sont des moments de vérité partout sur le continent. En dépêchant Mounguengui, la CAF montre qu’elle veut standardiser les processus : moins d’improvisation, plus de cadres. Et le Gabon, par la voix de son président fédéral, se positionne comme acteur de cette normalisation.
Le Gabon au cœur de la gouvernance africaine : le titre n’est pas usurpé. En confiant cette mission à MPA, la CAF reconnaît une expertise gabonaise. Pour Mounguengui, c’est l’occasion de prouver que l’expérience acquise à la Fégafoot peut servir tout le continent.
Le 25 août, les regards seront sur Porto-Novo. Et derrière l’émissaire gabonais, c’est une idée qui sera testée : le football africain peut-il se gérer avec plus de rigueur, de transparence et de vision ?
Aimé Jordan PANGO
