Crise sociale à la SGS : le personnel gabonais réclame la tête du manager Gino Lequy
Libreville – Le torchon brûle à la Société Gabonaise de Services. Dans une pétition qui circule depuis 48 heures, le Collectif du Personnel Gabonais de la SGS tire à boulets rouges sur le management de l’entreprise et pointe nommément un homme : Gino Lequy, responsable présenté comme « Otangani » sur la photo qui accompagne le document.
Les signataires disent leur « profonde inquiétude » face à un environnement de travail devenu, selon eux, irrespirable. Ils dénoncent des années de pratiques managériales jugées « autoritaires, humiliantes et discriminatoires », attribuées à M. Lequy. Le tableau brossé est sombre : intimidations, humiliations publiques, pressions psychologiques. Des salariées affirment avoir essuyé des propos « blessants et dégradants » dans l’exercice de leurs fonctions.
Au cœur de la colère : la gestion des compétences. Selon plusieurs témoignages relayés par le Collectif, des cadres gabonais expérimentés auraient été écartés ou rétrogradés. À leur place, des profils bénéficiant de la « confiance » du manager incriminé. Résultat : un « sentiment d’injustice » et une démotivation qui gangrènent les équipes. Des décisions qualifiées d’« arbitraires » auraient, toujours selon la pétition, durablement abîmé le climat social.
Le Collectif ne s’arrête pas à un seul homme. Il s’interroge sur la « complaisance » supposée de la Direction des Ressources Humaines, accusée d’avoir couvert certaines décisions sans mesurer les « conséquences humaines et organisationnelles ». Les départs en cascade de cadres et collaborateurs expérimentés auraient, selon eux, fragilisé l’entreprise et entamé sa stabilité.

Face à ce qu’ils qualifient de dérives, les pétitionnaires exigent des actes. Ils appellent la Direction générale à lancer « immédiatement » une enquête interne indépendante pour entendre tous les salariés concernés et « évaluer objectivement » les faits. Ils réclament aussi la protection des témoins, un audit des pratiques managériales à la Direction technique et aux RH, et l’établissement « impartial » des responsabilités.
Le Collectif va plus loin : si les accusations sont confirmées, il demande le départ de M. Gino Lequy de la SGS. « Notre démarche n’est dirigée contre aucune nationalité ni aucune communauté », précise le texte. L’objectif affiché : défendre la dignité des travailleurs, l’égalité de traitement et les intérêts de l’entreprise.
Le mot de la fin est une ligne rouge : « Nous refusons que la peur, l’humiliation ou les traitements inéquitables deviennent la norme dans notre entreprise. »
Sollicitée, la direction de la SGS n’avait pas encore réagi officiellement à l’heure où nous publions. M. Gino Lequy n’a pas pu être joint. Le Collectif dit attendre des « mesures fortes » pour restaurer la sérénité. Le bras de fer ne fait que commencer.
