Gabon : 81 jeunes passent du volant à la propriété, BOONIA prend la relève
Jeudi 21 mai 2026 à Libreville, le PNPE a fermé un chapitre et ouvert un autre. Fin du projet « Un Taxi, un Emploi, un Avenir » avec remise des titres de propriété aux 21 premiers bénéficiaires. Début de « BOONIA VTC » avec 60 véhicules neufs remis à une nouvelle cohorte. En 4 ans, 81 jeunes passent de demandeurs d’emploi à propriétaires de leur outil de travail.
La cérémonie avait du monde : cabinet du ministre du Travail, PCA du PNPE, maire d’Akanda. Mais le vrai moment, c’était la remise des titres de propriété. Après quatre ans d’exploitation, les bénéficiaires des deux premières cohortes deviennent pleinement propriétaires de leur taxi. Fini la location-vente qui traîne, place à l’actif qui prend de la valeur.
Le DG du PNPE, Pascal Franck NZE NDONG NZE, a salué le sérieux et la discipline des bénéficiaires. Il a raison de le souligner : conduire 10 à 12h par jour, gérer l’entretien, respecter les clients, rembourser sans défaillir, ce n’est pas un stage de motivation. C’est un test de réalité. Et ils l’ont passé.
21 taxis déployés, 21 jeunes qui sortent du chômage structurel avec un métier, un revenu, une responsabilité. L’impact ne se lit pas dans un tableau PowerPoint. Il se lit dans les loyers payés, les écoles financées, les apprentis formés. Quand un jeune devient patron de sa voiture, il change aussi de posture.
Le relais est pris avec BOONIA VTC. 60 voitures neuves remises aux nouveaux bénéficiaires pour lancer la nouvelle dynamique entrepreneuriale. Le modèle évolue : on passe du taxi classique au VTC, plus aligné avec les usages urbains actuels. Plus de volume, plus de formalisation, plus d’exigence sur la qualité de service.

L’initiative répond à une évidence trop souvent oubliée : on ne crée pas d’emploi durable en signant une fiche de poste précaire. On le crée quand le bénéficiaire devient propriétaire de son outil de production. Il a une raison économique directe de bien faire, d’entretenir, de fidéliser ses clients. Le mérite remplace l’assistanat.
Le succès tient à l’accompagnement. Sélection rigoureuse, formation au métier, suivi de l’exploitation, discipline sur le remboursement. Sans ce cadre, la voiture finit immobilisée. Avec ce cadre, elle devient une petite entreprise mobile. La jeunesse gabonaise montre qu’elle peut tenir les engagements quand les règles sont claires et appliquées.
Ce programme s’inscrit dans la ligne portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema : insertion professionnelle concrète, valorisation du travail, autonomie économique. L’État ne distribue pas des postes, il ouvre des voies d’accès à la propriété productive. C’est moins spectaculaire à l’annonce, mais plus solide sur 10 ans.
Chaque bénéficiaire forme, embauche, sous-traite. Mécaniciens, laveurs, gestionnaires de flotte, petits fournisseurs. L’écosystème se met en place autour des 81 véhicules. C’est comme ça qu’un projet pilote devient une filière. Le coût public se transforme en activité privée qui tourne.
Trois points : maintenance préventive sérieuse, tarification qui protège la marge du chauffeur, et digitalisation du suivi pour éviter les dérives. Si BOONIA tient ces trois leviers, la cohorte actuelle pourra financer la suivante. L’autonomie financière du programme est la vraie mesure du succès.
Le message est simple : au Gabon, on peut bâtir une trajectoire professionnelle sans attendre un concours. On prend un véhicule, on travaille, on rembourse, on devient propriétaire. C’est concret, réplicable, et compréhensible par tout le monde. Si le modèle tient, il faut l’étendre. Parce que l’emploi ne se décrète pas, il se fabrique, un volant à la fois.
