CLASH DES LEADERS 3X3 : À AKEBÉ, LA GSBA FAMILY FAIT D’UN ENFANT DU QUARTIER UNE ÉTOILE AMÉRICAINE
C’est une histoire qui commence dans la poussière d’Akebe Likouala et qui se poursuit aujourd’hui sur les parquets huppés des universités américaines. Ce vendredi 25 septembre 2026, dans la salle de la mairie du 3e arrondissement de Libreville, Laurel LEMIGUY OKORI LENDOUGA, président de la GSBA Family, n’est pas venu seulement annoncer un tournoi de basket. Il est venu raconter une revanche sur le destin.
La GSBA Family, pour God Spirit Basketball Association, existe depuis 2015. Née au cœur du 3e arrondissement, souvent stigmatisé comme un quartier sous-intégré d’où rien de bon ne pouvait sortir, l’association s’est donné une mission : changer l’histoire d’une communauté par le sport. Ce samedi 26 septembre, elle organise la 5e édition de son événement phare, le Clash des Leaders 3×3.

Mais cette cinquième édition ne sera pas comme les autres. Pour la première fois, le tournoi s’ouvre aux jeunes venus d’autres provinces du Gabon, preuve que l’initiative a dépassé les frontières de Libreville pour devenir un rendez-vous national. Quatre catégories seront en lice : U16, U18, Senior homme et dame. Et dans toute la ville, des panneaux annoncent déjà l’événement, parce que cette fois, la GSBA veut marquer les esprits.
Cette édition porte un nom, et ce n’est pas un hasard : KANGA LENDOUGA Emmanuel. Pourquoi lui ? Laurel LEMIGUY répond avec émotion. Emmanuel, c’est ce jeune d’Akebe pour qui personne ne voyait un avenir prometteur. Un gamin du quartier comme tant d’autres. Mais l’homme se dit visionnaire, inspiré par Dieu. Là où les autres voyaient un cas perdu, il a vu un potentiel. Après les entraînements, il lui lançait en rigolant : « Un jour tu iras aux États-Unis ». Emmanuel répondait : « Arrête tes blagues ».
La blague est devenue réalité. Il y a quatre ans, avec la grâce de Dieu et un travail acharné, la GSBA a décroché une bourse américaine pour lui. Aujourd’hui, Emmanuel Kanga est en deuxième année à la prestigieuse Université George Mason, en NCAA. Mieux encore, il y a quelques jours, il a confié à son mentor qu’il venait d’être nommé deuxième capitaine de son équipe. Un enfant d’Akebe qui commande des Américains sur un parquet américain, l’image est forte et elle est gabonaise.

Pour Laurel LEMIGUY, cette trajectoire est une réponse cinglante à ceux qui pensent que le sport n’est qu’un loisir sans avenir. Au Gabon, beaucoup de parents hésitent encore à laisser leurs enfants faire du sport, faute de modèles. Emmanuel est ce modèle qui manquait. Il est la preuve vivante qu’on peut quitter Akebe, aller aux États-Unis, non pas pour survivre, mais pour jouer les premiers rôles dans un système où des milliers de jeunes Africains et Américains rêvent de percer.
Au-delà de l’exploit sportif, la GSBA porte un projet plus large, presque politique. Former des leaders pour le Gabon de demain. Le président l’assume : « La jeunesse d’aujourd’hui, c’est l’avenir de demain. Si nous ne nous concentrons pas sur l’éducation de notre jeunesse, demain quand nous serons vieux, nous serons braqués par des jeunes que nous n’avons pas su encadrer ». Pour lui, le basket n’est qu’un prétexte, un outil d’éducation et de développement du leadership pour accompagner l’État dans la construction du pays.
La mairie du 3e arrondissement l’a bien compris. Présent à la conférence de presse, le maire Franck IBOUILLY a officialisé le partenariat avec la GSBA Family. Avec le peu de budget dont elle dispose, la mairie a décidé d’accompagner cette 5e édition. Un choix assumé, en droite ligne avec la politique du Président Brice Clotaire Oligui Nguema qui fait de la jeunesse et du sport un pilier de son action.
Le maire n’a pas tari d’éloges sur le parcours de KANGA LENDOUGA Emmanuel, qu’il voit déjà en NBA, et a lancé un appel vibrant à toute la jeunesse gabonaise : suivez ce bel exemple. L’enfant d’Akebe est devenu le drapeau de tout un arrondissement.
Ce samedi à Akebe Likouala, il n’y aura donc pas que des paniers à trois points. Il y aura la démonstration qu’un quartier peut produire des champions, que le sport peut être une école de vie, et qu’un rêve né sur un terrain poussiéreux peut finir sous les projecteurs de l’Amérique.
Aimé Jordan PANGO
