GRAND LIBREVILLE : QUAND L’URBANISATION DÉTRUIT DES VIES, LE COP-RESOC EXIGE QUE LA DIGNITÉ PASSE AVANT LES BULLDOZERS
Le ton est monté d’un cran. Face à la détresse des familles impactées par les opérations d’urbanisation du Grand Libreville, le Comité de Pilotage pour la Restructuration de la Société Civile Gabonaise ne veut plus se contenter des promesses. Il hausse le ton et interpelle directement les autorités : moderniser la capitale, oui, mais pas au prix de la dignité des populations.
Le Comité prend acte des déclarations de Madame le Gouverneur de l’Estuaire. Pour la première fois, l’autorité a reconnu ce que les victimes dénonçaient depuis des semaines : il y a eu des erreurs de marquage. Des erreurs qui ont eu des conséquences très concrètes, le retrait de tôles, de portes, la destruction de toitures entières. Des erreurs qui ne sont pas des détails administratifs, mais des drames humains.
Car derrière chaque tôle arrachée, il y a une famille qui a dormi à la belle étoile. Derrière chaque porte enlevée, il y a une maison éventrée, exposée aux voleurs et à la pluie. Le COP-RESOC le dit sans détour : les assurances institutionnelles doivent désormais se traduire par des actes concrets. Les excuses ne reconstruisent pas un toit.
Le Comité salue certes l’annonce d’une enveloppe de près de 7 milliards de FCFA pour accompagner les familles. C’est un geste, c’est un début. Mais il estime que les engagements financiers ne suffisent pas à répondre à l’ensemble des préoccupations. L’argent seul ne soigne pas le traumatisme, l’argent seul ne rend pas un domicile.
C’est pourquoi le COP-RESOC pose plusieurs exigences claires. D’abord, un accompagnement qui dépasse les simples indemnisations. Il ne s’agit pas seulement de payer, il s’agit d’accompagner. Ensuite, une meilleure rigueur dans les opérations de marquage. On ne marque pas une maison comme on marque un bout de papier. Une erreur de peinture peut détruire une vie.

Le Comité dénonce particulièrement les situations les plus choquantes : des ménages qui se retrouvent sans abri après avoir détruit leurs propres toitures et d’autres biens dans le contexte des opérations. Comment expliquer à un père de famille qu’il a lui-même dû démolir sa maison pour une erreur de l’administration ? C’est inacceptable.
Il appelle donc à un accompagnement psychologique et social d’urgence, à une meilleure formation des équipes intervenantes sur le terrain, et à une prise en charge effective de toutes les familles concernées, sans exception, sans oubli. Personne ne doit être laissé au bord de la route de la modernisation.
Pour le COP-RESOC, aucune opération d’aménagement urbain, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut justifier que des citoyens soient laissés dans la précarité ou sans solution digne. Une ville moderne ne se mesure pas à la largeur de ses boulevards, mais à la manière dont elle traite ses plus vulnérables.
Tout en réaffirmant sa disponibilité à dialoguer avec les autorités, le Comité entend faire entendre la voix des populations impactées. Il rappelle que l’urbanisation ne doit pas devenir un facteur de fragilisation sociale. La modernisation du Grand Libreville doit se construire avec les citoyens, dans la transparence, la responsabilité et le respect des droits fondamentaux.
Le message final est un avertissement : le développement ne peut être une réussite lorsqu’il se réalise au détriment de ceux qu’il est censé servir. Le COP-RESOC exprime sa solidarité totale aux familles touchées et appelle les autorités à transformer, dès maintenant, leurs engagements en réponses concrètes et immédiates.
