PAS DE SOUVERAINETÉ SANS USINES NI ROUTES : BONAVENTURE NZIGOU MANFOUMBI APPELLE À UN GABON PRODUCTIF
Au lendemain de l’allocution du Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, l’acteur politique Bonaventure NZIGOU MANFOUMBI a livré son décryptage. Verdict : un discours concret, franc et déterminé. « Le Chef de l’État a fait un discours de vérité, de responsabilité et d’affirmation de son combat pour le développement », estime-t-il.
Pour NZIGOU MANFOUMBI, la rupture est nette. Fini les discours 100% promesses. Le Président a commencé par rappeler ce qui a été fait avant d’annoncer la suite. « Avant de faire des promesses, il faut d’abord dire ce qui a été fait. En regardant dans le rétroviseur, il a démontré par les actes son engagement à bâtir un nouveau Gabon. » Une méthode qu’il juge nécessaire pour crédibiliser l’action publique.
Sur le plan international, il salue une diplomatie au service du développement. Le Gabon, dit-il, ne peut pas vivre en vase clos. Mais l’ouverture ne suffit pas. « Il faut que cette ouverture apporte des bénéfices concrets. » Les partenariats doivent être jugés à l’aune de leur impact : emplois, transferts de technologie, transformation locale.
Sur la jeunesse, le message est direct : il n’y aura pas d’emploi sans tissu économique solide. Il faut donc arrêter de « former pour former » et adapter les filières aux besoins réels du marché. Sa recette : PME/PMI, micro-projets, entrepreneuriat et actionnariat salarié. « Le travailleur doit pouvoir se sentir propriétaire. Cela instaure de la sérénité dans l’entreprise. »
Autre urgence : sortir les investissements de Libreville. Pour l’élu, la transformation locale des matières premières et l’implantation d’unités de production en province sont le meilleur rempart contre l’exode rural. « Il faut que les Gabonais trouvent des opportunités là où ils vivent. Si on transforme sur place, on crée de la valeur et des emplois. »
NZIGOU MANFOUMBI pointe aussi une fiscalité parfois trop lourde. « Trop de taxes peuvent étouffer les entreprises. Or une entreprise qui n’investit plus ne crée plus d’emplois ». Il plaide pour une meilleure organisation de la perception et une vraie décentralisation financière afin de donner aux collectivités les moyens d’agir.

Le cœur de son argumentaire porte sur la souveraineté. Pour lui, la vraie souveraineté est économique et productive. « On ne peut pas parler de souveraineté quand l’économie dépend de l’extérieur. Il faut produire et transformer localement nos ressources. C’est à partir de là qu’on parlera d’indépendance réelle. » Une ligne qui rejoint l’appel présidentiel à la transformation locale.
En matière d’infrastructures, trois priorités selon lui : routes, énergie, eau. « Il n’y a pas d’économie sans ça. Une usine ne tient pas sans électricité. Un producteur ne vend pas sans route. » Originaire de Moabi, il connaît les coupures pendant la saison des pluies. Il salue donc les chantiers de désenclavement en cours, mais insiste : il faut accélérer.
Bonaventure NZIGOU MANFOUMBI invite les Gabonais à évaluer les dirigeants sur leur bilan. « On voit les routes qui se construisent, des départements désenclavés, des infrastructures qui font la fierté du pays. » Pour lui, le vote et le soutien doivent reposer sur des résultats mesurables, pas sur des slogans.
Au fond, NZIGOU MANFOUMBI pose une exigence : passer de la souveraineté politique à la souveraineté économique. Moins d’importations, plus d’usines. Moins de promesses, plus de bilan. Moins de centralisation, plus de provinces productives.
La question qu’il laisse aux Gabonais : sommes-nous prêts à juger chaque politique publique à une seule aune ? Est-ce que ça crée de la richesse, des emplois et des infrastructures durables ici, au Gabon ?
Par Roselyne Geneviève BEKALE ONDO
