SETRAG : LICENCIER ABUSIVEMENT, INDEMNISER ET IMPOSER LE SILENCE — LE CAS AWAYOGO LOGBO RAVIVE LE DÉBAT SUR LES DÉRIVES DU DIALOGUE SOCIAL

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À la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), la crise sociale actuelle remet en lumière une affaire particulièrement préoccupante : celle de Coffi Wilfried AWAYOGO LOGBO, ancien président du Syndicat national des travailleurs du Transgabonais (SNTT), qui aurait été licencié pour s’être opposé à une décision de l’Inspecteur spécial du travail qu’il estimait injuste. Selon les informations recueillies, ce dirigeant syndical aurait obtenu gain de cause devant la justice, contraignant la SETRAG à indemniser le préjudice subi. Une affaire qui interroge les méthodes de gestion des relations sociales, tandis que certaines organisations syndicales multiplient les sorties médiatiques pour contester les dénonciations de leurs camarades.

 

AWAYOGO LOGBO : un dirigeant syndical licencié pour avoir osé contester

 

Coffi Wilfried AWAYOGO LOGBO n’était pas un nouveau venu à la SETRAG. Entré dans l’entreprise en 2002 comme agent principal d’exploitation ferroviaire, il devient animateur Hygiène, Sécurité et Environnement (HSE) en 2006, avant d’accéder, en 2015, au poste de chef d’antenne Sûreté et Développement durable.

 

Un parcours professionnel de plus de treize années, marqué par une progression dans des fonctions liées à la sécurité ferroviaire.

 

Parallèlement, il exerce les responsabilités de président du SNTT.

 

Selon les éléments portés à notre connaissance, son licenciement serait intervenu après qu’il s’est opposé à une décision de l’Inspecteur spécial du travail chargé des transports terrestre, aérien et ferroviaire, qu’il considérait comme injuste.

 

Son engagement syndical et son refus de cautionner cette décision auraient ainsi été à l’origine de la rupture de son contrat de travail.

 

Depuis quand contester une décision de l’Inspection du travail constitue-t-il, en soi, une faute professionnelle justifiant le licenciement d’un représentant syndical ?

 

L’Inspection du travail n’est pas une autorité infaillible. Ses décisions peuvent être contestées selon les voies prévues par la loi. Son intervention ne saurait dispenser l’employeur de respecter les garanties légales accordées aux représentants des travailleurs.

 

Un procès perdu par la SETRAG et une indemnisation payée par l’entreprise

 

L’affaire ne se serait pas arrêtée au licenciement.

 

Refusant de subir cette décision, Coffi Wilfried AWAYOGO LOGBO aurait saisi la justice, obtenu gain de cause et bénéficié d’une indemnisation pour le préjudice subi.

 

Ces informations, qui méritent d’être confirmées par la décision judiciaire, soulèvent une interrogation fondamentale sur la manière dont certaines décisions patronales sont prises.

 

La Direction générale de la SETRAG considère-t-elle qu’elle peut licencier abusivement un représentant des travailleurs, puis payer les indemnités judiciaires pour préserver son autorité ?

 

Une telle logique reviendrait à transformer les condamnations judiciaires en simples dépenses de gestion, permettant d’écarter les responsables syndicaux jugés trop indépendants.

 

Le plus préoccupant reste l’origine des ressources utilisées pour supporter ces conséquences financières.

 

Ce ne sont pas les dirigeants qui paient personnellement les indemnités. C’est l’entreprise, avec des ressources qui devraient contribuer à son développement, à l’amélioration des conditions de travail et à la sécurité de son exploitation.

 

L’argent de la SETRAG ne doit pas devenir le prix du silence syndical ni l’instrument de préservation d’une toute-puissance patronale.

 

La peur et l’intimidation comme instruments de gestion sociale ?

 

L’affaire AWAYOGO LOGBO pose une question qui dépasse largement le sort d’un seul travailleur.

 

Lorsqu’un représentant syndical est licencié après avoir contesté une décision qu’il estime injuste, le message susceptible d’être perçu par les autres salariés est particulièrement dissuasif : celui qui contredit la Direction générale risque de perdre son emploi.

 

C’est précisément pour empêcher de telles situations que le droit du travail prévoit des protections particulières au bénéfice des représentants des travailleurs.

 

Or, les événements actuellement dénoncés par la FETRAG-SETRAG font ressurgir ces préoccupations.

 

Convocations à des entretiens préalables, pressions alléguées sur les dirigeants syndicaux, contestations autour des assemblées générales, difficultés de reconnaissance des interlocuteurs représentatifs et inquiétudes concernant la sécurité ferroviaire : autant de griefs exposés lors du point de presse du 3 novembre 2026.

 

Ces dénonciations appellent des réponses précises de l’employeur.

 

Car le dialogue social ne peut être réduit à une succession de procédures disciplinaires dirigées contre ceux qui expriment des désaccords.

 

Une Direction des ressources humaines dont les méthodes sont contestées

 

La Direction des ressources humaines de la SETRAG se trouve aujourd’hui au centre des critiques formulées par la FETRAG-SETRAG.

 

L’organisation syndicale lui reproche une gestion des relations professionnelles privilégiant les rapports de force au détriment d’un dialogue respectueux des libertés collectives.

 

Pourtant, la mission d’une Direction des ressources humaines ne consiste pas à obtenir l’adhésion systématique des représentants des travailleurs aux décisions de l’employeur.

 

Elle doit garantir le respect des règles, prévenir les conflits et reconnaître l’indépendance des organisations syndicales.

 

Un syndicat n’est pas une annexe de la Direction générale. Un dirigeant syndical n’est pas un collaborateur chargé de défendre les décisions patronales.

 

La contradiction fait partie du dialogue social. Elle ne saurait être assimilée à une insubordination dès lors qu’elle s’exerce dans le cadre de la loi.

 

L’Inspection spéciale du travail face aux interrogations sur son impartialité

 

Le cas AWAYOGO LOGBO remet également en débat le rôle de l’Inspecteur spécial du travail chargé des transports terrestre, aérien et ferroviaire.

 

Selon les faits rapportés, c’est précisément la contestation d’une décision de cette autorité qui aurait précédé son licenciement.

 

Cette situation interroge les rapports entre l’administration du travail, l’employeur et les organisations syndicales.

 

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L’Inspection du travail doit veiller au respect de la législation sociale et agir avec impartialité. Elle ne saurait devenir le conseil juridique exclusif de l’employeur ni servir à imposer aux organisations syndicales des positions qui échapperaient à toute contestation.

 

Les critiques formulées à son encontre par la FETRAG-SETRAG méritent donc d’être examinées sérieusement.

 

L’autorité administrative ne tire pas sa légitimité de sa proximité avec la Direction générale, mais de son indépendance et de son respect de la loi.

 

Des organisations syndicales qui affirment que tout va bien pendant que leurs camarades dénoncent les difficultés

 

La crise sociale à la SETRAG révèle également une situation particulièrement troublante.

 

Alors que la FETRAG-SETRAG dénonce publiquement les atteintes aux libertés syndicales, les intimidations, la précarisation des emplois, la marginalisation des compétences nationales et les inquiétudes relatives à la sécurité ferroviaire, certaines organisations syndicales, dont la représentativité est contestée, multiplient les interventions médiatiques pour présenter une situation sociale rassurante.

 

Au lieu de répondre aux problèmes soulevés, leurs déclarations semblent surtout chercher à discréditer les camarades syndicalistes qui ont choisi de porter ces préoccupations devant l’opinion publique.

 

Depuis quand la mission d’une organisation syndicale consiste-t-elle à défendre l’image de l’employeur contre les revendications des travailleurs ?

 

Ces prises de position interrogent d’autant plus que les difficultés dénoncées concernent l’ensemble du personnel, indépendamment de toute appartenance syndicale.

 

Les convocations disciplinaires, les préoccupations relatives aux conditions de travail et les questions de sécurité ferroviaire ne disparaissent pas parce que certains responsables syndicaux affirment dans les médias que tout va bien.

 

La convergence de leurs discours avec celui de la Direction générale nourrit désormais les soupçons de complaisance et de proximité avec l’employeur.

 

Elle ne suffit pas, à elle seule, à démontrer l’existence d’une alliance organisée, mais elle donne aux travailleurs des raisons légitimes de s’interroger sur les intérêts réellement défendus.

 

Les travailleurs disposent désormais d’éléments pour juger leurs représentants

 

Les récentes sorties médiatiques ont au moins le mérite de rendre visibles les divergences entre les organisations syndicales de la SETRAG.

 

D’un côté, la FETRAG-SETRAG expose des griefs précis et réclame des réponses sur les libertés syndicales, les conditions de travail, l’emploi et la sécurité ferroviaire.

 

De l’autre, certaines organisations choisissent de contester ces dénonciations et de défendre une lecture plus favorable de la situation sociale.

 

Les travailleurs peuvent désormais confronter ces discours aux réalités qu’ils vivent quotidiennement.

 

La légitimité d’un dirigeant syndical ne se mesure ni à sa proximité avec la Direction générale ni à sa présence dans les médias, mais à la confiance des travailleurs et à la défense effective de leurs intérêts.

 

Les résultats des élections professionnelles constituent également un indicateur objectif de représentativité que les partenaires sociaux ne peuvent ignorer.

 

À la SETRAG, les élections des délégués du personnel ont attribué 18 sièges au SYCAT, 13 à la FETRAG-SETRAG, 4 à l’UTCT et 1 au SNTT, sur un total de 36 sièges.

 

Le SYCAT et la FETRAG-SETRAG totalisent ainsi 31 sièges, soit 86,11 % des mandats.

 

Ces résultats ne retirent à aucune organisation sa liberté d’expression. Ils rappellent néanmoins que le poids électoral des syndicats doit être pris en considération dans l’appréciation de leur représentativité.

 

Les travailleurs n’ont pas besoin de syndicats chargés de leur expliquer que tout va bien. Ils ont besoin de représentants capables de porter leurs préoccupations, y compris lorsqu’elles dérangent l’employeur.

 

Le cas AWAYOGO LOGBO : un précédent qui mérite toute la lumière

 

L’affaire Coffi Wilfried AWAYOGO LOGBO ne doit pas disparaître de la mémoire sociale de la SETRAG.

 

Elle soulève des questions auxquelles l’entreprise devrait pouvoir répondre.

 

Pourquoi ce dirigeant syndical a-t-il été licencié après avoir contesté une décision de l’Inspection spéciale du travail ? Quels motifs ont été invoqués pour justifier son licenciement ? Quelle appréciation la justice a-t-elle portée sur cette affaire ? Quel montant la SETRAG a-t-elle versé au titre de l’indemnisation ?

 

La communication de la décision judiciaire permettrait d’établir les faits et les responsabilités avec précision.

 

Cette affaire prend aujourd’hui une résonance particulière alors que la FETRAG-SETRAG dénonce de nouvelles pressions sur les représentants des travailleurs.

 

Une entreprise ne peut durablement prétendre promouvoir le dialogue social tout en laissant s’installer le sentiment que les responsables syndicaux qui refusent la complaisance s’exposent à des représailles.

 

La Direction générale et la Direction des ressources humaines doivent comprendre que leur autorité trouve ses limites dans la loi.

 

La SETRAG n’est pas un patrimoine personnel. Ses ressources ne doivent pas servir à financer les conséquences de décisions abusives ni à préserver le confort de dirigeants qui refuseraient la contradiction syndicale.

 

Quant aux organisations syndicales qui choisissent de défendre publiquement la position de l’employeur, elles devront répondre devant les travailleurs de leurs propres prises de position.

 

Car les déclarations médiatiques peuvent influencer momentanément le débat, mais elles ne sauraient effacer les faits ni remplacer les résultats obtenus dans la défense des salariés.

 

À la SETRAG, le véritable enjeu n’est pas de savoir qui parle le plus fort au nom des travailleurs, mais qui défend effectivement leurs droits.

 

Et une question demeure : combien de condamnations financières une entreprise doit-elle supporter avant que le respect des libertés syndicales ne devienne une exigence de gestion plutôt qu’un risque financier accepté ?

 

Aimé Jordan PANGO 

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