Communication : Hasse Nziengui prend la plume du ministère pour en écrire la nouvelle page
Le ministère de la Communication et des Médias change de secrétaire général. Hasse Nziengui, de son vrai nom Alphonse Nziengui, journaliste, écrivain et homme politique, a officiellement pris ses fonctions. Ancien directeur général adjoint de Radio Gabon et visage de l’émission _Agora_, il arrive avec une double casquette : celle du praticien des médias et celle de l’analyste des mutations africaines.
Hasse Nziengui n’arrive pas en terrain inconnu. Il a été directeur des programmes et de la production radio, directeur général adjoint de la Radio-Télévision gabonaise en charge de Radio Gabon, puis superviseur des stations provinciales. Il connaît donc la chaîne de fabrication de l’information, du studio central jusqu’aux antennes de l’intérieur. Ajoutez à cela plusieurs missions de conseiller en communication auprès des ministères de l’Agriculture et de la Justice, et plus récemment le poste d’Inspecteur général des services, et vous avez le profil d’un homme qui sait comment l’administration parle, écoute et doit se faire comprendre.
Député du département de Bendjé dans l’Ogooué-Maritime, il a aussi siégé comme rapporteur à la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Ce passage au cœur du budget lui donne une lecture concrète des contraintes et des arbitrages publics. Côté plume, il signe des ouvrages comme _Ohada, histoire d’amour, Bruits de l’Afrique et Le Temps des passations, où il dissèque les évolutions politiques, sociales et culturelles du continent. En clair : quelqu’un qui pense la communication, pas seulement qui la diffuse.
Nommer un profil issu du sérail médiatique à ce poste, c’est dire que le ministère veut retrouver de la technicité et de la cohérence dans son discours public. La communication de l’État ne peut pas se résumer à des communiqués. Elle doit s’appuyer sur une connaissance fine des médias, des formats, des rythmes de l’actualité et des attentes des citoyens. Hasse Nziengui coche ces cases.
Lors de sa prise de fonction, la salle était pleine : conseillers, directeurs centraux, responsables d’entités sous tutelle, journalistes, agents du ministère, parents, amis. Au point que certains disaient n’avoir jamais vu autant de monde pour une passation. Ce n’est pas juste une question de popularité. C’est le signe qu’une partie du secteur attendait un interlocuteur qui parle le même langage technique et professionnel qu’eux.

Trois priorités s’imposent. D’abord, remettre de la lisibilité dans la communication gouvernementale : messages clairs, canaux adaptés, délais respectés. Ensuite, renforcer la coordination entre l’administration centrale et les stations provinciales pour que l’information circule sans distorsion. Enfin, travailler sur la montée en compétence des agents et la modernisation des outils, sans perdre l’identité éditoriale des médias publics.
Hasse Nziengui connaît la radio de l’intérieur, il a géré des équipes, il a conseillé des ministres, il a vu comment un message se transforme en décision budgétaire. Il sait aussi écrire pour être lu et compris. Cette combinaison est rare. Elle permet de traduire les orientations politiques en contenus qui touchent le public, sans jargon et sans lourdeur.
Les discours de prise de fonction passent. Ce qui restera, c’est la capacité à fluidifier l’information, à protéger la crédibilité des médias publics, et à créer un cadre de travail où les journalistes et les communicants publics peuvent produire sans être pris dans les frictions administratives. Si ces conditions sont réunies, le ministère retrouve un rôle d’animation et de régulation utile à tout l’écosystème médiatique.
Avec Hasse Nziengui, la communication publique gabonaise récupère un professionnel qui a fait ses preuves sur le terrain et dans l’analyse. La salle comble du jour de la passation montre qu’il y a une attente. Le reste dépendra de la méthode, de la constance et de la capacité à transformer l’expérience en résultats visibles pour le citoyen.
Aimé Jordan PANGO
