Port-Gentil passe ses 675 projets au scanner : finies les promesses fantômes

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Port-Gentil, 11 mai 2026 – À la mairie de la capitale économique, on n’a pas déroulé le tapis rouge pour des civilités en carton. Ce lundi, Pascal Houangni Ambouroué a reçu la délégation du Commissariat Général au Plan conduite par Claude Bernard Memiaghe Missongo. Objectif affiché : mettre de l’ordre dans le bazar des projets publics et savoir, une fois pour toutes, ce qui avance, ce qui patine, et ce qui n’existe que sur PowerPoint.

 

La mission ne débarque pas de nulle part. En 2025, une première cartographie avait recensé 675 projets dans l’Ogooué-Maritime. Un chiffre qui fait joli dans un rapport, mais qui ne nourrit personne si on ne sait pas combien sont réellement lancés, financés, livrés. Cette fois, l’équipe du Plan revient pour faire l’état des lieux et actualiser la base de données. Traduction : passer du catalogue de bonnes intentions à l’inventaire qui pique, mais qui sert.

 

Le message de la délégation est net. Pas d’actualisation sérieuse sans la mairie. Identification des projets en cours et à venir, croisement des données, mutualisation des informations. En clair, il faut que la commune joue les chefs d’orchestre locaux. Fini le chacun pour soi entre administrations, entreprises et ONG qui annoncent des chantiers sans se parler. Sans données fiables, on planifie à l’aveugle, on double les financements, on laisse pourrir les chantiers.

 

Pascal Houangni Ambouroué a saisi la perche. Il a déroulé les grandes lignes du plan de développement communal, calé sur le Plan National de Croissance et de Développement et sur les axes du projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema. L’idée est simple : aligner Port-Gentil sur la stratégie nationale pour éviter les projets hors-sol. La délégation du Plan s’en est félicitée. Un plan structuré au niveau local, ça change tout. Ça permet de filtrer les priorités, de dire non aux opérations de com et oui à ce qui débloque l’emploi, l’assainissement, la mobilité, la sécurité.

 

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Le vrai enjeu est là. Port-Gentil traîne une réputation de ville où l’on annonce vite et où l’on livre lentement. Depuis des années, les Port-Gentillais entendent parler de routes, de drainage, d’équipements scolaires, de zones d’activités. Sur le terrain, le constat est plus contrasté. Une mise à jour sérieuse de la base de données peut faire sauter les masques. Elle oblige chaque porteur de projet à sortir les preuves : budget, calendrier, état d’avancement, impact.

 

Si la mutualisation des données fonctionne, la ville gagne en crédibilité. Les investisseurs savent où va l’argent, les quartiers voient les travaux qui touchent leur quotidien, et l’État peut arbitrer sans se perdre dans les chiffres décoratifs. C’est aussi un signal politique fort. Gouverner par la preuve, pas par l’effet d’annonce.

 

La mission repart avec du boulot, la mairie aussi. Les 675 projets de 2025 n’ont pas besoin d’une nouvelle liste. Ils ont besoin d’un tri. Livrés, en cours, à requalifier, à enterrer. Les Port-Gentillais jugeront sur pièce.

 

Port-Gentil a le plan, le Plan a la méthode. Reste à transformer la cartographie en comptes à rendre. Et cette fois, il n’y aura pas de place pour les fantômes.

Source : Hôtel de ville de Port-Gentil

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