Airaines, 7 juin 2026 : le Gabon fait mémoire à son héros, le Capitaine TCHORERÉ, et frappe un coup diplomatique

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Il y a des dates qui réparent l’histoire. Ce dimanche 7 juin 2026, à Airaines, petit village de la Somme en France, le Gabon a renoué avec l’un de ses fils les plus valeureux. Diplomates, militaires, élus français et gabonais, famille et amis se sont retrouvés pour rendre hommage au Capitaine Charles Tchoreré, héros national tombé en 1940. Deux ans après l’acte fort posé par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, la mémoire est devenue politique, et la diplomatie a pris des couleurs humaines.

 

Ce n’est pas un hasard si le Gabon se recueille ici. Le 9 juin 1940, le Capitaine Charles TCHORERÉ, commandant la 6ᵉ compagnie du 53ᵉ Régiment d’Infanterie Coloniale Mixtes Sénégalais, meurt les armes à la main en défendant Airaines contre l’avancée allemande.

 

Il n’était pas français. Il était gabonais. Il n’était pas obligé. Il a choisi de se battre pour une liberté qui n’était pas encore la sienne. Pendant des décennies, son nom est resté confiné aux livres d’histoire militaire. Le 3 juin 2024, le Président OLIGUI NGUEMA a brisé ce silence en se rendant lui-même à Airaines pour un hommage exceptionnel.

 

Dimanche, c’est la suite logique : l’État gabonais ancre ce geste dans la durée.

 

La cérémonie de dimanche n’était pas une simple gerbe déposée en catimini.

 

Le personnel diplomatique et consulaire était là. L’ambassadeur du Gabon auprès de l’UNESCO a fait le déplacement, signe que la mémoire de TCHORERÉ dépasse les frontières bilatérales et entre dans le registre du patrimoine immatériel. L’attaché de Défense et l’attaché de Sécurité intérieure rappelaient la dimension militaire et régalienne du geste.

 

Côté français, le troisième adjoint au maire de Libreville a croisé le maire d’Airaines et le sénateur de la Somme. Accueil chaleureux, discours de considération mutuelle. Quand une commune française de 1 000 habitants reçoit le Gabon avec autant de respect, c’est que le symbole a pris.

 

Et puis il y avait la famille, les amis. Ceux pour qui Charles TCHORERÉ n’est pas un nom sur une stèle, mais un oncle, un grand-père, une histoire transmise à voix basse. C’est ça qui rend l’hommage crédible : il ne parle pas qu’aux institutions, il parle au sang.

 

Le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a posé deux gestes en 24 mois qui redéfinissent la politique mémorielle du Gabon :

 

1. 3 juin 2024 : déplacement à Airaines. Un chef d’État gabonais sur les lieux où est mort Tchoreré. Un signal fort : la Nation ne délègue plus sa mémoire à l’histoire des autres.

2. Élévation au rang de Héros national. Passer de “soldat oublié” à “héros national”, c’est inscrire Tchoreré dans les manuels scolaires, les cérémonies officielles, la conscience collective. C’est dire aux jeunes Gabonais : voilà ce que veut dire servir.

 

Ces deux actes ont une portée immédiate. Ils réparent une injustice mémorielle. Ils donnent un visage concret au patriotisme. Et ils offrent à la diplomatie gabonaise un récit positif, fondé sur le sacrifice partagé.

 

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La présence du maire d’Airaines et du sénateur de la Somme n’est pas anodine. La France a longtemps géré seule la mémoire de ses soldats coloniaux. Aujourd’hui, elle comprend que sans les pays d’origine, cette mémoire reste incomplète.

 

En remerciant publiquement le maire d’Airaines et le sénateur de la Somme, l’ambassadeur du Gabon en France ne fait pas de la courtoisie. Il scelle un partenariat mémoriel. Résultat : Airaines devient un lieu de pèlerinage gabonais en France. Pour la diplomatie culturelle, c’est un actif durable, bien plus puissant qu’un communiqué.

 

Un héros ne vit que si on le fait vivre. L’élévation au rang de héros national doit se traduire en actes concrets :

– Intégrer Charles TCHORERÉ dans les programmes scolaires du secondaire.

– Nommer des infrastructures ou des promotions militaires à son nom.

– Créer un fonds de soutien pour la rénovation et l’entretien du site d’Airaines, en partenariat avec la commune.

– Encourager les échanges scolaires et universitaires entre Libreville et la Somme autour de cette histoire partagée.

 

Sinon, le risque est grand de voir l’émotion retomber et le héros retourner dans les archives.

 

Le 7 juin 2026 à Airaines, le Gabon n’a pas juste honoré un mort. Il a affirmé une identité. Le Capitaine Charles TCHORERÉ est devenu le symbole d’un Gabon qui assume son passé, qui revendique ses héros, et qui utilise la mémoire comme outil de fierté et de diplomatie.

 

Le Président OLIGUI NGUEMA a ouvert la voie en 2024. Dimanche, le corps diplomatique, les élus français et la famille ont montré que le relais est pris.

 

Reste à transformer l’hommage en transmission. Parce qu’un pays qui oublie ses héros est un pays qui finit par douter de lui-même.

 

Aimé Jordan PANGO 

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